Le généraliste de La Réole, Jean-Michel Ducourneau, a été condamné ce lundi 11 mai à trois ans de prison, dont deux avec sursis, par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il écope également d'une interdiction définitive d'exercer une profession médicale, d'une amende de 20 000 euros et de la confiscation de trois biens immobiliers. Il devra verser 137 000 euros de dommages et intérêts à la CPAM du Lot-et-Garonne, 10 738 euros à la MSA de la Gironde, 25 302 euros à la MSA de la Dordogne et 1 500 euros au Conseil de l'ordre des médecins.
Des prescriptions massives de fentanyl
Le médecin de 69 ans était poursuivi pour aide au mésusage d'un médicament, prescription non conforme d'un stupéfiant à trois patients, mise en danger de la vie d'autrui et escroqueries. Il prescrivait du fentanyl, un opiacé 100 fois plus puissant que la morphine, à des patients souffrant de douleurs chroniques, parfois venus de Dordogne et du Lot-et-Garonne. L'enquête a révélé qu'une patiente avait reçu 2 840 flacons en trois ans et une autre 2 600, soit l'équivalent de 35 à 40 doses par jour, alors que la limite recommandée est de huit doses quotidiennes.
Un comité de soutien présent
À la sortie du tribunal, une trentaine de membres d'un comité de soutien, vêtus de t-shirts "Génération Dr Ducourneau", ont exprimé leur surprise face à la sévérité du jugement. Laurine Laffon a déclaré : "C'est un médecin de famille, dévoué pour ses patients." Le fils du médecin, Corentin Ducourneau, a ajouté : "Il donnait tout pour ses patients dans un milieu rural en détresse."
Appel annoncé
L'avocat du médecin, Me Thibault Soubelet, a annoncé faire appel. "Il est extrêmement déçu de cette décision sévère, même s'il y a un soulagement partiel de voir ses patients relaxés, ce qui démontre qu'il n'y avait aucun trafic de stupéfiant", a-t-il déclaré. Il conteste notamment la qualification de mise en danger de la vie d'autrui et souligne l'absence d'enrichissement personnel du docteur.



