Mariage gitan à Montpellier : deux frères condamnés à 4 et 6 ans de prison
Mariage gitan : deux frères condamnés à 4 et 6 ans

Le tribunal judiciaire de Montpellier a prononcé mercredi 20 mai de lourdes peines à l'encontre de deux frères poursuivis pour violence avec arme lors d'un mariage gitan à la Cité Gély, le 5 août 2024. Six ans de prison pour l'un, avec une période de sûreté des deux tiers, et quatre ans pour l'autre. Si la préméditation n'a pas été retenue, le caractère "extrêmement grave" des faits, souligné par le président Gilles Maschio, ainsi que la situation de récidive des deux jeunes hommes (condamnés respectivement pour tentative de meurtre et violence avec arme) ont pesé dans le jugement.

Des faits sur fond de ressentiment amoureux

Deux femmes de 19 et 41 ans, ainsi qu'un homme de 37 ans, avaient été blessés lors de ces faits survenus place Etienne-Jodelle, sur fond de ressentiment amoureux. L'un des frères s'était en effet adressé à son ex-compagne, invitée à la cérémonie, avant que la situation ne dégénère, jusqu'à des tirs d'arme à feu. Dans un premier temps, une information judiciaire avait été ouverte pour tentative d'assassinat.

Les prévenus s'expriment

"Je n'aurais pas dû tirer, je le sais très bien. Pour moi, la balle allait se planter dans le sol", déclare l'un des prévenus. Il dit avoir voulu aider son frère, pris à partie par plusieurs personnes. Les coups de feu, "c'était pour faire peur. Tout ce que je voulais, c'était que la bagarre s'arrête", explique-t-il. Au sujet d'une des victimes, le père de la mariée, il soutient face au tribunal : "C'était mon ami. En aucun cas je n'ai voulu le toucher. Je regrette vraiment. Je n'ai plus envie d'avoir une arme. La prison m'a fait réfléchir".

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Expertise psychologique et dangerosité

Le président fait lecture de l'expertise psychologique, qui fait état d'une "intelligence faible", d'une "capacité de réflexion limitée", ainsi que d'une "intolérance à la frustration", même si le discernement du jeune homme n'était pas aboli au moment des faits. S'agissant de son frère, le compagnon éconduit à l'origine de la rixe, l'expert note qu'il "ne reconnaît pas les faits", présente "une importante dangerosité criminologique", avec "absence de culpabilité ou de remords".

Absence des victimes et réquisitions

Les victimes sont absentes au procès. Me Paul Gallix, qui représente la mère de la mariée, atteinte par un coup de feu, met en avant "la volonté d'apaisement" de la part des deux parties, près de deux ans après cet épisode de violence. Mais pour le procureur Alain Octuvon-Bazille, "nous sommes là pour juger les faits, pas la raison ou l'émotion". Et selon lui, "il n'y a pas de hasard dans cette affaire. Il y a préméditation". Avec un homme qui "n'accepte pas la séparation", et deux frères qui viennent "assouvir leur violence". À l'encontre de celui qui tenait l'arme, il requiert dix ans de prison.

La défense réfute toute préméditation

Une vision du dossier que Me Florian Médico, en défense, bat en brèche. Il souligne que plusieurs invités du mariage ont attesté que tout est parti d'une "bagarre", d'un "mouvement de foule". Dès lors, "on peut écarter la circonstance aggravante de la préméditation". L'avocat plaide en outre qu'aucune munition correspondant à une arme de poing n'a été retrouvée en perquisition. Me Simon Cohen, qui assiste également les deux frères, insiste pour sa part sur les circonstances qui ont alimenté la rancœur de son client, venu s'adresser à son ex lors de la cérémonie. Après l'annonce du jugement, les deux frères, qui ont déjà exécuté près de deux ans de détention provisoire, sont retournés en prison.

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