Marche d'hommage à Quentin Deranque à Lyon : 3 200 participants sous haute surveillance policière
L'hommage à Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale de 23 ans battu à mort le 12 février à Lyon, a débuté ce samedi 21 février sous haute surveillance policière. Quelque 3 200 personnes se sont rassemblées selon la préfecture pour une marche marquée par de fortes tensions politiques, sur fond d'appels à la mobilisation et de contre-manifestations antifascistes en France.
Un rassemblement sous haute tension
Plusieurs centaines de personnes, certaines le visage masqué, ont commencé à se rassembler en début d'après-midi sur une place d'un quartier résidentiel de Lyon, d'où devait démarrer la marche en mémoire de Quentin Deranque. Les participants sont venus de toute la France et même d'Europe, plusieurs groupes d'ultradroite ayant relayé les appels à venir à Lyon.
Avant le départ du cortège, un hommage à l'étudiant de 23 ans a été rendu dans une église traditionaliste de Lyon, fréquentée par le jeune homme et dont les offices sont dits en latin. La marche principale, intitulée "Lyon demande justice pour Quentin tué par les antifas", devait se terminer sur les lieux de l'agression.
Appels au calme et dispositif de sécurité renforcé
Quelques heures avant le début de la marche, le président Emmanuel Macron a appelé "tout le monde au calme". "C'est un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué", a affirmé le chef de l'État. "Il n'y a pas de place pour les milices, d'où qu'elles viennent", a-t-il ajouté en annonçant une réunion avec le gouvernement la semaine prochaine.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et la préfecture ont expliqué avoir pesé le risque de "violences" et de "trouble à l'ordre public" à l'aune de la nécessaire "liberté d'expression" et ont donné leur feu vert, tout en mobilisant un dispositif de sécurité renforcé. "On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège", ni "en marge de cette marche", a également prévenu la préfète du Rhône Fabienne Buccio.
Contexte politique tendu et contre-manifestations
Quentin Deranque a succombé à un déluge de coups assénés le 12 février, en marge d'une conférence de l'eurodéputée de gauche radicale Rima Hassan à Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes d'un collectif identitaire. Des rassemblements en hommage à l'étudiant, mais aussi des contre-manifestations de la mouvance antifasciste, étaient prévus dans plusieurs villes de France samedi.
L'appel à défiler a été abondamment relayé sur les réseaux sociaux par des groupuscules d'ultradroite. Dans certains quartiers du parcours, les mouvements de l'ultragauche ont collé des tracts appelant à "tenir tête aux racistes" ou conseillant aux "personnes racisées", "particulièrement visées" par les "néo-nazis" de rester chez elles.
La marche a été encadrée par un dispositif de sécurité important, comprenant des renforts de policiers et gendarmes anti-émeutes, et des drones, selon la préfecture qui a exhorté les participants à ne montrer "aucune expression politique". Les autorités redoutaient des affrontements dans un contexte de vives tensions politiques provoquées par cette affaire.



