Une marche d'extrême droite controversée prévue à Lyon ce samedi
Une marche d'hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste décédé après une agression, devrait se tenir samedi 21 février à Lyon. Aliette Espieux, coorganisatrice et militante anti-IVG, a indiqué à l'AFP espérer la présence de 2 000 à 3 000 personnes. Le rassemblement partira de la place Jean-Jaurès à 15 heures pour se rendre sur les lieux de l'agression, une rue résidentielle près d'une voie ferrée où le jeune homme a été violemment frappé le 12 février, succombant à un traumatisme crânien.
Les positions divergentes des autorités
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi qu'il ne s'opposerait pas à cette manifestation. Il a justifié sa décision en invoquant la liberté d'expression, tout en assurant qu'un dispositif policier extrêmement important serait déployé pour encadrer l'événement. Nuñez a estimé que, pour l'instant, la liberté est plus importante que l'inquiétude, rejetant l'idée d'un guet-apens dans la mort de Deranque, qu'il qualifie plutôt de rixe ayant dégénéré en homicide.
En revanche, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, réclame l'interdiction de la marche, évoquant des risques avérés de troubles à l'ordre public. De son côté, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a dénoncé sur X une véritable démonstration fasciste, affirmant que plus de 1 000 néonazis venus de toute l'Europe pourraient y participer avec une volonté de vengeance mortifère.
Les réactions politiques et la dimension européenne
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé à ses cadres de ne pas se rendre à ces rassemblements, soulignant que les organisateurs sont multiples et incertains et que les proches de Deranque n'en sont pas à l'initiative. Par ailleurs, une source policière citée par Franceinfo indique la présence probable de quelques dizaines de militants d'extrême droite venus de pays comme l'Italie, la Belgique ou l'Allemagne, ajoutant une dimension européenne à l'événement.
La préfecture n'a pas encore rendu sa décision finale concernant l'autorisation de la marche, laissant planer l'incertitude sur son déroulement. Cet événement survient dans un contexte tendu, marqué par des affrontements récurrents entre extrême droite et antifas à Lyon, et après la mise en examen de sept personnes dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque.



