Plus de 200 personnes se sont rassemblées ce samedi à Aurillac, dans le Cantal, pour rendre hommage à Caroline Grandjean, enseignante de 42 ans qui s'est suicidée le 1er septembre 2025, éreintée par le harcèlement lié à son homosexualité. « De voir tant de monde, ça m'aide. D'avoir des mots, d'avoir du soutien, de savoir que je ne suis pas seule », a déclaré Christine Paccoud, la veuve de l'enseignante.
Un an après le drame, un hommage émouvant
Les participants se sont regroupés dans le centre-ville d'Aurillac avant d'entamer une courte marche menée aux côtés de l'ancienne compagne de Caroline Grandjean, ainsi que d'anciens collègues et élèves de l'enseignante, au son de ses musiques préférées.
Cette marche blanche marquait le premier anniversaire du décès de l'enseignante, qui avait mis fin à ses jours après des mois de harcèlement homophobe. Le drame avait profondément ému la petite commune de Moussages, village de 200 habitants, où elle exerçait.
Le corbeau toujours pas identifié
Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages. Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions, mais classée sans suite en mars 2025. En arrêt maladie, l'enseignante s'était vu proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire, mais avait été incapable de reprendre son travail.
Virgile Leclerc, nouveau maire de Moussages élu en mars, était présent à la marche blanche. « Ce que je condamne aujourd'hui, c'est l'injustice : que ce soit de l'homophobie ou du racisme, pour moi c'est de la bêtise humaine », a-t-il déclaré. À ses côtés, l'avocat de la victime, Stéphane Juillard, a assuré : « Le premier combat a été remporté puisque l'administration a reconnu sa responsabilité dans ce drame. »
Début février, l'Éducation nationale avait admis une « défaillance institutionnelle » après une enquête administrative. Pour l'avocat, un « deuxième combat » reste à mener : « Retrouver le corbeau ».
Un message de tolérance et de soutien
« Les circonstances sont difficiles, Caroline Grandjean était quelqu'un qui était plein de vie. Pendant l'année écoulée, j'étais en mode survie, en mode automatique », a confié Myriam Pabka, professeure des écoles et amie proche du couple. Chez les participants, l'hommage était tout aussi important que la cause. « Chacun est libre d'aimer qui il veut », déclare Maëlle Le Meur, 25 ans. « Même dans des petites villes, il y a des drames de cette ampleur. On n'entend pas assez les voix des gens qui se portent mal ».
Un autre hommage sera rendu dans les prochains mois à l'institutrice, relate nos confrères d'Ici, à l'occasion d'une exposition au Centre Mendes France d'Aurillac, du 26 octobre au 13 novembre.



