Plusieurs bus sont arrivés ce samedi place Vauban, à proximité des Invalides, à Paris, où devait se tenir la manifestation dénonçant la répression intérieure en Iran, en dépit d'une interdiction de manifester confirmée ce samedi matin par la justice administrative.
Interpellations et usage de gaz lacrymogène
Quelque vingt personnes ont été interpellées en fin de matinée par les forces de l'ordre qui ont effectué des sommations pour que les manifestants se dispersent, a indiqué à l'AFP une source policière. La police a fait usage de gaz lacrymogène et plusieurs blessés sont à déplorer parmi les manifestants, selon Afchine Alavi, membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).
Témoignage d'un organisateur
« Ils ont arrêté une vingtaine de personnes sans raison. Du côté des manifestants, il n'y a pas de violence. La police a dispersé beaucoup de gens et empêche d'autres de se joindre, beaucoup de gens sont dispersés dans le quartier », a affirmé à l'AFP Afchine Alavi, membre du CNRI, vitrine politique de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK) - considérée comme terroriste par Téhéran - qui fait partie des organisateurs. « Il reste des milliers de gens qui crient des slogans et agitent des drapeaux », a-t-il ajouté. Des images sur les réseaux sociaux montraient des personnes brandissant notamment des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Ni chah, ni mollah ».
Risque de trouble à l'ordre public
« Nous avions demandé aux manifestants de ne pas venir et d'attendre le résultat de l'appel que nous avons déposé en urgence. Mais on ne peut pas contrôler tout le monde et des bus sont arrivés de partout », a indiqué Afchine Alavi. La manifestation, programmée samedi à 14 heures, était organisée par le collectif Voix d'Iran, formé pour l'occasion et comprenant des associations de la diaspora iranienne et des ONG françaises et internationales. Parmi elles, le CNRI mais aussi l'Association des femmes iraniennes en France ou encore le Comité de soutien aux droits humains en Iran (CSDHI). Les organisateurs espéraient la participation de 100 000 personnes.
La préfecture de police avait interdit le rassemblement en raison du risque de troubles à l'ordre public, mettant en avant le « contexte national et international particulièrement tendu » et le « risque sérieux qu'à l'occasion de cette manifestation aient lieu des affrontements entre des militants aux opinions antagonistes de nature à troubler gravement l'ordre public ».



