Un jeune homme de 23 ans plongé dans le coma après des violences à Lyon
Quentin, un étudiant de 23 ans, se trouve dans un état désespéré, hospitalisé en état de mort cérébrale selon ses proches, après une violente agression survenue jeudi en marge d'une conférence de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan à l'Institut d'Études Politiques de Lyon. Les pompiers sont intervenus vers 19h40 pour secourir deux personnes, dont Quentin, quai Furlichon dans le 5e arrondissement, à près de 2 kilomètres du lieu de la conférence.
Des circonstances encore à déterminer
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour violences aggravées, confiée à la Direction interrégionale de la police. « À ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés », a indiqué le parquet vendredi. Une source proche de l'enquête a évoqué « des échauffourées et une rixe entre des militants d'extrême droite et d'extrême gauche » comme il s'en produit « très régulièrement » dans ce secteur du centre de Lyon.
Les versions contradictoires des différents acteurs
Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin faisait partie du service d'ordre bénévole chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient près de l'IEP contre la conférence de Rima Hassan. Le collectif affirme que ses militantes ont été agressées et que les hommes chargés de leur protection, dont Quentin, « n'ont pas pu leur porter secours car ils ont été poursuivis par un groupe d'une trentaine d'antifas ».
Alice Cordier, présidente de Némésis, a diffusé sur X une vidéo montrant un groupe de jeunes gens entourant deux jeunes femmes au visage caché, avec des cris de « fascistes, racistes, c'est vous les terroristes ». On y voit un jeune homme projeter l'une des femmes au sol.
Némésis affirme que Quentin « a été attaqué avec une extrême violence », « balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied ». Le collectif prétend avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qu'il décrit comme un « membre actif de la Jeune Garde », groupe antifasciste dissous en 2025.
Le profil de la victime
L'avocat de Quentin et de sa famille, Me Fabien Rajon, a dénoncé « un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée ». Il précise que Quentin « n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre », sans « aucun antécédent judiciaire » et qu'il « a toujours défendu ses convictions de manière non-violente ».
Selon son avocat, Quentin était « étudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie », « investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse ». Hospitalisé à l'hôpital Édouard Herriot, son état est décrit comme « désespéré » après une hémorragie cérébrale. Une source proche de la famille indique que « s'il survit, ce serait un miracle et il conserverait des séquelles irréversibles » et que ses parents « ne souhaitent pas d'acharnement thérapeutique ».
Les réactions politiques et les suites
Rima Hassan a déclaré ne collaborer qu'avec le service d'ordre de La France insoumise « qui n'a jamais recours à la violence et qui n'est en aucun cas impliqué dans ces affrontements ». Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a affirmé que son mouvement « condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique ».
Marine Le Pen a appelé à considérer comme « terroristes » les « milices d'extrême gauche » tandis que Jordan Bardella a réclamé la « mobilisation de l'ensemble de la classe politique » en accusant La Jeune Garde.
Des dégradations ont été commises contre deux permanences LFI : à Metz, où un homme aurait lancé un projectile de peinture en criant « Justice pour Quentin », et à Lille, où la façade de la permanence du député Aurélien Le Coq a été vandalisée. Des rassemblements en hommage à Quentin sont prévus à Angers samedi et dans le 5e arrondissement de Paris dimanche, selon des appels relayés par des groupuscules d'extrême droite.
Les enquêteurs cherchent maintenant à entendre l'ami qui accompagnait Quentin et à identifier les participants aux événements devant l'IEP de Lyon.



