Lyon : sept hommes mis en examen dans l'affaire de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque
Lyon : sept hommes mis en examen pour la mort de Quentin Deranque

Sept hommes mis en examen dans l'affaire de la mort de Quentin Deranque à Lyon

Sept hommes âgés de 20 à 26 ans, dont deux collaborateurs du député La France Insoumise Raphaël Arnault, ont été mis en examen jeudi soir dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. L'agression mortelle a eu lieu il y a une semaine à Lyon, provoquant une onde de choc dans la région et au niveau national.

Les accusations portées contre les suspects

Six des sept hommes sont soupçonnés d'avoir directement participé aux violences ayant entraîné le décès de Quentin Deranque. Ils ont été mis en examen pour homicide volontaire. Le septième individu, un assistant parlementaire de Raphaël Arnault, a quant à lui été mis en examen pour complicité par instigation d'homicide volontaire, ce qui signifie qu'il est suspecté d'avoir incité les autres à commettre les violences.

Des liens avec la Jeune Garde antifasciste

Selon une source proche du dossier judiciaire, la plupart des suspects sont connus pour être soit membres, soit proches de la Jeune Garde antifasciste. Ce mouvement d'ultragauche a été créé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault lui-même avant d'être dissous par le gouvernement en juin dernier. La même source a précisé que certains des mis en examen sont fichés S, c'est-à-dire qu'ils ont été recensés par les services de renseignement intérieur comme présentant un danger potentiel pour la sécurité nationale.

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Le profil des collaborateurs parlementaires impliqués

Jacques-Elie Favrot, âgé de 25 ans, était assistant parlementaire de Raphaël Arnault depuis 2024. Le député a engagé lundi une procédure pour mettre fin à son contrat. Une source policière le décrit comme un jeune homme violent, connu de nos services et fiché S pour son appartenance à l'ultra gauche radicalisée. Lors de ses études de sciences politiques à l'Université Jean Monnet de Saint-Étienne, il militait au syndicat OSE-CGT.

Son avocat, Bertand Sayn, a indiqué que son client a reconnu la commission de violences et sa présence sur les lieux mais a indiqué qu'il n'était pas l'auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque. Il a été placé en détention provisoire.

Adrian Besseyre, également âgé de 25 ans, a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué. Diplômé d'études supérieures en lien avec la politique, il travaillait dans l'équipe du député Raphaël Arnault jusqu'à quelques jours avant les faits, selon son avocat Benoit Courtin.

Les autres suspects et leurs profils

Robin C., un autre collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault, a été arrêté en Haute-Loire avec Adrian Besseyre. Il est soupçonné de l'avoir aidé à se soustraire à la justice. Il a été remis en liberté jeudi et sera convoqué ultérieurement au tribunal pour répondre de recel de malfaiteur. Il y a quelques années, ce dernier avait lancé un réseau lycéen en Haute-Loire et déclarait en 2019 vouloir s'engager dans l'associatif pour aider les gens à devenir des citoyens responsables et pour changer le système.

Le plus jeune des suspects, Paul L., est un étudiant de 20 ans. Mis en examen pour homicide volontaire, il n'avait jamais eu d'ennuis avec la justice selon son avocate. En revanche, d'autres suspects ont déjà un casier judiciaire selon le procureur de Lyon Thierry Dran : l'un pour violences et usage de stupéfiants, l'autre pour vol et port d'armes.

Un troisième suspect fait actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction à Paris pour des faits de violences aggravées en raison de la race, l'ethnie ou la religion. Selon les informations du Parisien, il s'agit d'Alexis C., 24 ans, accusé avec d'autres d'avoir pris à partie, forcé à scander vive la Palestine et filmé un adolescent soupçonné d'appartenir à la Ligue de défense juive.

Selon son profil LinkedIn, ce réserviste a travaillé pour une centrale d'achats pour les industriels de la défense et fut aussi champion de tir à l'arc. La plupart des suspects sont diplômés, l'un d'eux travaille pour un équipementier automobile, un autre est sans emploi.

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Le contexte politique sensible

Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, alors que le mouvement Jeune Garde antifasciste a été dissous par le gouvernement il y a seulement quelques mois. Les liens entre certains des suspects et l'entourage d'un élu de la NUPES ajoutent une dimension politique à ce drame qui continue d'émouvoir l'opinion publique.