Lyon : onze personnes entendues après le lynchage mortel de Quentin Deranque
Onze personnes ont été entendues mercredi 18 février dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, un jeune homme de 23 ans lynché à Lyon. Sept d'entre elles sont actuellement placées en garde à vue pour les chefs d'homicide volontaire, a précisé le parquet de Lyon dans un communiqué officiel. Les faits remontent au jeudi 12 février, rue Victor-Lagrange, dans le 5e arrondissement de Lyon, où le jeune homme a succombé à ses blessures après avoir été agressé par un groupe de six militants d'extrême gauche.
Des vidéos cruciales diffusées
Dès samedi, la chaîne TF1 a diffusé une vidéo tournée depuis un balcon par un téléphone portable un peu avant 18 heures. À hauteur du numéro 11 de la rue Victor-Lagrange, des antifas en supériorité numérique s'en prennent à trois personnes. Deux s'esquivent, non sans mal, tandis que l'un d'eux, acculé contre un mur, subit une avalanche de coups avant de se relever. Le dernier reste à terre, prostré contre un poteau, encaissant sans réagir des coups de poing et de pieds violents. Le procureur a confirmé que cette vidéo représentait bien le moment où Quentin Deranque a été blessé à mort.
Une bataille rangée entre groupes antagonistes
Une autre vidéo circule depuis mercredi, filmée depuis un balcon à l'intersection du boulevard Yves-Farge et de la rue Victor-Lagrange, à moins de 200 m du numéro 11, à 17 h 53. On y voit deux groupes s'affronter : des identitaires d'un côté et des antifas de l'autre. La plupart des identitaires sont vêtus de noir et masqués, avec des comportements agressifs :
- Un frappe ses adversaires avec un parapluie.
- Un autre utilise une béquille, dont il ne semble pas avoir besoin.
- Un troisième tire un fumigène.
- Un quatrième emploie un spray, sans doute de gaz anti-agression.
De toute évidence, ce groupe est venu en découdre, et un individu finit au sol, isolé du côté des antifas, qui s'en prennent à lui à trois ou quatre. Il s'effondre, et son corps est masqué par une voiture, mais on aperçoit clairement un antifa prendre son élan pour le frapper du pied, comme avec un ballon de football. Impossible de déterminer sur la base de ces images s'il s'agit ou non de Quentin Deranque.
Des hypothèses et des certitudes
Cette seconde vidéo, qui est la première chronologiquement, est invoquée pour suggérer que Quentin Deranque aurait pu être la victime d'une rixe, où il aurait éventuellement lui aussi distribué des coups. Cependant, cette hypothèse semble improbable au regard de deux certitudes :
- Personne ne s'effondre dans l'affrontement initial des deux bandes au carrefour du boulevard Yves-Farge et de la rue Victor-Lagrange.
- À trois reprises en cinq minutes à peine, certains antifas s'acharnent à plusieurs sur un homme à terre, le frappant très violemment.
De plus, certains vêtements, comme une veste bleue et noire facile à repérer, permettent d'identifier que quelques acteurs étaient impliqués dans les différents lynchages. À ce stade, le choix de la qualification d'homicide volontaire ne semble pas exagéré, selon les éléments de l'enquête. Les autorités continuent d'analyser les preuves vidéo pour établir les responsabilités dans ce drame qui a secoué Lyon.



