Fréjus : un élevage canin soupçonné de maltraitance et de trafic sur Leboncoin
Élevage canin à Fréjus : maltraitance et trafic sur Leboncoin

Un élevage canin à Fréjus au cœur d'une enquête pour maltraitance et trafic d'animaux

L'association Smoke - Justice pour les animaux a lancé l'alerte concernant le Domaine de Manien, un élevage canin situé chemin de la Palissade à Fréjus. Des soupçons de maltraitance et de trafic d'animaux pèsent sur cette structure, qui continue pourtant de proposer des chiots à la vente sur la plateforme Leboncoin.

Des conditions de détention alarmantes et des ventes en ligne actives

Nadège Azoulay, présidente de l'association Smoke, rapporte des témoignages accablants de riverains. « Des chiens erreraient au milieu des déchets, et des cris d'animaux seraient audibles régulièrement depuis l'extérieur », explique-t-elle. Malgré ces signalements, l'activité commerciale semble se poursuivre activement.

Sur Leboncoin, des annonces publiées au nom du Domaine de Manien proposent toujours des chiots à des prix pouvant atteindre 2 000 euros. Fin mars, pas moins de 43 chiens étaient encore mis en vente. « Sur place, nous avons constaté la présence de nombreux animaux. Leur silence s'expliquerait par le port de colliers électriques », ajoute Nadège Azoulay.

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Une affaire qui prend de l'ampleur avec des témoignages troublants

L'affaire du Domaine de Manien n'est pas isolée. Quelques semaines auparavant, un premier signalement avait été effectué à Lorgues, où des animaux blessés et un cadavre de chat avaient été retrouvés. Le transfert de l'élevage à Fréjus serait lié à un litige avec la mairie de Lorgues concernant l'utilisation irrégulière d'un terrain agricole.

Parmi les éléments les plus préoccupants figure le témoignage de Christelle, habitante de Solliès-Pont. Elle affirme avoir confié son chat Thal en pension au Domaine de Manien fin 2025, avant de découvrir que l'animal avait été vendu à des résidents de Perpignan. « Heureusement, je devrais pouvoir récupérer mon chat en échange du don de ses chatons », confie-t-elle.

La mairie de Fréjus porte plainte et constate des négligences

La municipalité de Fréjus a décidé d'agir. Dominique Vandra, adjointe au maire déléguée au bien-être animal, s'est rendue sur place avec la police municipale. « Nous avons pu constater des chiots laissés sans nourriture, dans un enclos avec des gamelles retournées, laissés dans la boue et sans possibilité de s'abriter », déclare-t-elle. Ces observations ont conduit la ville à déposer plainte.

L'association Smoke suit actuellement une trentaine de dossiers similaires dans le Var et les Alpes-Maritimes, évoquant des importations irrégulières d'animaux achetés à bas coût en Europe de l'Est. « Pour moi, les nouveaux élevages devraient être strictement encadrés. En tant que client, lorsqu'on voit qu'un élevage propose de multiples races, ça doit interpeller », insiste Nadège Azoulay.

La propriétaire de l'élevage se défend et dénonce un acharnement

Contactée, la responsable du Domaine de Manien livre une version radicalement différente des faits. Elle affirme que son élevage est en cours de fermeture et que les animaux ont été placés. « Si j'ai arrêté l'élevage, c'est pour un problème avec la mairie et non pour maltraitance », explique-t-elle.

Concernant les ventes sur Leboncoin, elle précise : « Ce sont les derniers chiens à la vente. Lorsque j'ai perdu au tribunal contre la mairie de Lorgues, mes femelles venaient d'être saillies. Ce sont les derniers chiots avec les mamans qui sont à placer. Une dizaine en tout ».

La propriétaire nie également toute importation irrégulière d'animaux et conteste les allégations de mortalité élevée. « Il n'y a pas plus de mortalité dans mon élevage qu'ailleurs. Ce sont juste des affirmations sans preuve », assure-t-elle. Elle accuse par ailleurs les associations de protection animale de « se faire beaucoup d'argent sur le dos des élevages ».

L'enquête en cours devra déterminer si les faits relèvent de la maltraitance organisée, du trafic animal, ou simplement de négligences. Une chose est certaine : cette affaire met en lumière les dérives potentielles du commerce en ligne d'animaux et la nécessité d'un encadrement renforcé des élevages.

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