Un cauchemar médical déclenché par un geste anodin
Le quotidien de Manjit Sangha, une Britannique de 56 ans, a basculé en moins de vingt-quatre heures. Après être rentrée chez elle un dimanche de juillet en se sentant mal, elle a été retrouvée inconsciente le lendemain matin, les mains et les pieds glacés, les lèvres violettes et en grande difficulté respiratoire. Son mari, Kam Sangha, témoigne de l'incroyable rapidité de la dégradation : "On se dit : 'Comment est-ce possible en moins de 24 heures ?' Le samedi, elle jouait encore avec le chien, le dimanche elle allait travailler, et le lundi soir, elle était dans le coma".
Un combat pour la vie en réanimation
Hospitalisée en soins intensifs, Manjit Sangha a subi six arrêts cardiaques successifs, mettant plusieurs fois sa vie en péril. Les médecins, qui estimaient ses chances de survie très faibles, ont dû procéder à des amputations majeures pour stopper la progression d'une infection foudroyante. La patiente a perdu ses deux jambes sous le genou et ses deux mains. Son calvaire médical ne s'est pas arrêté là : elle a également subi l'ablation de la rate, combattu une pneumonie et développé des calculs biliaires nécessitant potentiellement une nouvelle intervention chirurgicale.
Manjit Sangha décrit cette période comme un trou noir : "Je ne savais pas ce qui se passait. Le premier mois, je ne me souviens de rien". Après trente-deux semaines d'hospitalisation, elle a finalement pu regagner son domicile le mercredi 18 février, marquant la fin d'un long séjour à l'hôpital mais le début d'une difficile convalescence.
La cause improbable : le léchage du chien
L'enquête médicale a révélé une cause surprenante à cette septicémie dévastatrice. Les médecins estiment que l'infection pourrait avoir été déclenchée par un geste en apparence anodin : le léchage de son chien sur une petite coupure ou une simple égratignure. Cette bactérie, transmise par la salive canine, a provoqué une réaction en chaîne dans son organisme, menant à l'état de choc septique.
Manjit Sangha, désormais déterminée à reconstruire sa vie, souhaite alerter le public sur les dangers méconnus de la septicémie. "Cela peut arriver à n'importe qui", insiste-t-elle. "Perdre ses membres et ses mains en si peu de temps est quelque chose d'énorme. C'est très grave et il ne faut pas prendre cela à la légère".
Un long chemin vers la réhabilitation
Pour l'aider dans sa reconstruction, une cagnotte GoFundMe a été lancée et a déjà permis de collecter 22 000 livres sterling. L'objectif est de financer des prothèses avancées, notamment des mains robotisées dont le coût pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de livres. Consciente que le chemin sera long, Manjit Sangha affiche une détermination sans faille : "Je veux remarcher. Je suis restée assez longtemps assise sur ma chaise et dans mon lit. Il est temps de marcher".
Son histoire souligne l'importance de la vigilance face aux infections, même celles provenant de sources inattendues comme les animaux domestiques, et rappelle la résilience dont font preuve les survivants de traumatismes médicaux extrêmes.



