Landes : une avancée décisive dans l'enquête sur le double homicide de Retjons
Près de quatre mois après le drame qui a profondément ébranlé la petite commune rurale de Retjons, dans le nord des Landes, l'enquête judiciaire franchit une étape cruciale. L'homme soupçonné d'avoir abattu un couple de retraités belges a finalement été mis en examen et placé en détention provisoire, marquant une accélération significative dans cette affaire criminelle particulièrement violente.
Un drame sanglant dans un village paisible
Les faits remontent au 6 novembre 2025, dans ce village landais qui compte à peine quelques centaines d'habitants. Dans un quartier habituellement calme de Retjons, deux ressortissants belges, Nicole Bekker et André De Dobbeleer, ont été retrouvés morts à leur domicile. Installés depuis plusieurs années dans la région pour profiter de leur retraite après plus de quarante années de travail, ils avaient choisi cette commune pour sa tranquillité.
Le couple a été tué par arme à feu, plus précisément par un fusil à deux canons lisses El Chimbro calibre 410/76, également appelé 410 Magnum. La dépouille de Nicole Bekker a été découverte à l'intérieur de leur habitation, tandis que celle d'André De Dobbeleer gisait à l'extérieur. À quelques mètres de l'époux, le corps d'un chien – lui aussi victime de coups de feu – était étendu sur le sol. Selon le parquet de Mont-de-Marsan, une quinzaine de coups de feu auraient été tirés au total, créant une scène de crime particulièrement violente qui a profondément choqué cette communauté rurale peu habituée à ce type de drame.
Un suspect grièvement blessé puis hospitalisé
Le suspect, un homme de 54 ans également de nationalité belge et résidant à proximité immédiate de la maison du couple, avait tenté de retourner l'arme contre lui pour mettre fin à ses jours. Rapidement évacué par les services de secours vers l'hôpital de Bordeaux, il était grièvement blessé et son pronostic vital était engagé. Cette situation avait considérablement ralenti l'enquête, car son état de santé ne lui permettait pas d'être entendu par les autorités judiciaires.
Une information judiciaire avait été ouverte à la fin du mois de novembre 2025, mais l'auteur présumé des coups de feu n'avait pu être interrogé pendant plusieurs mois en raison de son hospitalisation prolongée. L'hypothèse d'un conflit de voisinage avait rapidement émergé, sur fond de relations dégradées et de tensions anciennes entre les différentes parties.
Accélération de la procédure judiciaire
Quatre mois après ce double homicide, la procédure connaît enfin une nette accélération. Désormais sorti d'hospitalisation et déclaré audible par les médecins, l'homme a été présenté directement au magistrat instructeur. Ce mardi 3 mars 2026, la procureure de la République de Mont-de-Marsan a confirmé qu'il avait été mis en examen pour les chefs d'« assassinat » et de « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal ayant entraîné la mort ».
À l'issue de sa mise en examen, le suspect a comparu devant le juge des libertés et de la détention. Conformément aux réquisitions du parquet, ce magistrat a ordonné son placement en détention provisoire. Il est désormais incarcéré dans l'attente de la suite de l'instruction, qui devrait permettre d'éclaircir les circonstances exactes de ce drame.
Un conflit de voisinage aux origines troubles
Dans le village de Retjons, les protagonistes de cette affaire étaient peu connus des autres habitants. Les deux victimes, décrites comme très discrètes, sortaient rarement selon les témoignages recueillis. Quant à l'auteur présumé, il était perçu de manière contrastée par les riverains.
Certains le décrivaient comme « une personne sans problème et pas violente », évoquant notamment qu'il avait été grièvement blessé dans un accident de parapente survenu deux ou trois ans plus tôt et avait depuis subi une opération du dos. D'autres confirmaient cependant l'existence de tensions de voisinage anciennes. « Il ne s'entendait pas avec ses voisins, cela durait depuis quelque temps », glissait l'un d'eux, suggérant un conflit larvé qui aurait pu dégénérer.
Plusieurs sources évoquent la possible implication de problèmes liés à la présence de chiens dans ce différend de voisinage, bien que les motivations exactes restent à déterminer. Un futur procès permettra peut-être d'y voir plus clair sur les raisons qui ont poussé à un tel passage à l'acte violent dans cette commune rurale des Landes.
L'émotion reste palpable dans ce petit village landais, où les habitants tentent de retrouver une vie normale après ce drame qui a profondément marqué la communauté. Les autorités judiciaires poursuivent quant à elles leur travail d'instruction pour établir la vérité sur cette affaire criminelle particulièrement complexe.



