Landes : une femme condamnée pour maltraitance animale dans un élevage improvisé insalubre
Landes : condamnation pour maltraitance animale dans un élevage insalubre

Landes : une fermière improvisée condamnée pour maltraitance animale dans un élevage insalubre

Les services de l'État ont mené une enquête approfondie pendant plus d'un an et demi sur un élevage improvisé géré par une habitante de Saint-Gein, dans les Landes. L'élevage d'animaux n'est pas une mince affaire, surtout lorsqu'il implique des dizaines d'espèces différentes dans des conditions précaires.

Une multitude d'infractions devant le tribunal

Une femme de 29 ans a comparu ce mercredi 11 mars 2026 devant le tribunal de police de Mont-de-Marsan. Elle était poursuivie pour plus d'une quinzaine d'infractions liées à des détentions irrégulières d'animaux et à des manquements graves aux obligations de soin et d'hygiène. La présidente du tribunal a décrit le dossier comme « une palanquée de qualifications ».

Les infractions allaient de la privation de soins à une brebis blessée à une patte avant, à la détention inadaptée provoquant des souffrances. Parmi les exemples cités : un chien patou attaché à une caravane au milieu de tôles et de fils de fer, avec seulement de l'eau croupie à disposition ; un âne et une jument gardés dans un box fragile fait de palettes couvertes de clous ; et huit moutons vivant dans des conditions similaires.

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Des conditions de vie déplorables pour les animaux

Pourtant, ce tableau des infractions ne suffit pas à mesurer l'étendue de l'insalubrité de cet élevage improvisé, installé sur le terrain de l'habitation de la mise en cause, absente à l'audience. Les services vétérinaires de la Direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) des Landes ont donné l'alerte après un premier contrôle inopiné en mars 2022.

Ils ont découvert « une vraie ménagerie », comprenant une tortue, des perroquets, des volailles, des porcs, un âne, une jument, des perruches, des rottweilers, un patou et même deux boas empereurs. Une véritable arche de Noé s'était installée dans le jardin de cette famille, et même dans l'habitation, où les animaux circulaient librement sans aucune limitation ni compartimentage.

Tous vivaient dans des « conditions déplorables », comme l'a souligné le tribunal. Leur nourriture était parasitée par les excréments des autres espèces, le sol qu'ils foulaient quotidiennement était jonché de déchets et de ferrailles pouvant provoquer des blessures. Les chiens étaient attachés avec des chaînes trop courtes et, lorsqu'ils étaient laissés libres, se retrouvaient parfois sur la route départementale devant la maison.

Une absence de coopération et des contrôles répétés

Pendant plus d'un an et demi, les services de la DDETSPP ont enchaîné les contrôles, enjoignant à chaque fois la propriétaire de se mettre aux normes et de se séparer de certaines espèces, comme les porcs qu'elle élevait pour sa consommation sans respect des règles sanitaires. La fermière improvisée, qui mettait en avant son amour des animaux, ne s'est pas soumise à ces obligations.

Pire encore, « au fil des ans, les lieux de détention se sont dégradés », a détaillé à la barre l'une des techniciennes ayant participé aux contrôles. « Le nombre d'animaux a diminué sans trop que l'on sache pourquoi, nous ne savons pas ce qu'elle en a fait. »

La découverte d'un cadavre et la saisine de la justice

La découverte du cadavre de l'un des rottweilers devant la propriété, en octobre 2023, a poussé la DDETSPP à saisir la justice. Le parquet de Mont-de-Marsan a immédiatement ordonné la saisie de la jument et du patou. Interrogée par les enquêteurs, la femme a expliqué avoir pris des conseils « à droite à gauche » sur l'élevage des ovins et se « débrouiller comme elle peut ».

« Aimer les animaux c'est d'abord en être responsable », a tancé le procureur de la République ce mercredi. Le magistrat a déploré l'absence de la prévenue, y voyant le signe d' « une fuite en avant, comme avec ses animaux ».

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Une condamnation sévère

La jeune femme a été condamnée à régler une quinzaine d'amendes pour un montant total de 2 500 euros. Elle a également écopé d'une interdiction de détention de tout animal pour une durée de trois ans, une mesure visant à prévenir de futures négligences.

Cette affaire met en lumière les risques liés aux élevages improvisés et l'importance du respect des normes de bien-être animal. Les autorités rappellent que la détention d'animaux implique des responsabilités strictes en matière de soins, d'hygiène et de sécurité.