Alès : un kebab incendié après des menaces de la DZ mafia, les patrons victimes de racket
Kebab incendié à Alès après des menaces de la DZ mafia

Un établissement familial réduit en cendres après des menaces répétées

Dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 février 2026, le kebab Hünkar, situé dans le quartier de Tamaris à Alès, a été entièrement détruit par un incendie criminel. Ramazan Guven, le propriétaire de cet établissement familial ouvert il y a environ deux ans, se trouve désormais face à des décombres fumants. « C'est une entreprise familiale, et on a tout perdu. Tout est parti en fumée », confie-t-il, visiblement sous le choc. Les dégâts matériels sont considérables, avec un préjudice estimé à près de 250 000 euros.

Une vidéo accablante montre les auteurs en action

Les enquêteurs ont pu se procurer une vidéo de surveillance qui capture le moment précis de l'incendie. On y voit distinctement l'un des incendiaires, vêtu de sombre, mettre le feu à l'intérieur du restaurant tandis qu'un complice se trouve encore à l'intérieur. Ce dernier ressort en catastrophe, les chaussures en flammes, et lance une bordée d'injures à son acolyte pour avoir déclenché l'incendie trop précipitamment. Cette scène, d'une violence rare, illustre la brutalité de l'attaque.

Un racket organisé par la DZ mafia

Cet acte criminel n'est malheureusement pas un incident isolé. La famille Guven subit des pressions et des menaces depuis près d'un mois, avec une intensification notable ces quinze derniers jours. « On reçoit des messages menaçants sur les réseaux sociaux. On essaie de nous intimider », explique Ramazan Guven. Le restaurateur pointe du doigt un groupe bien identifié : « C'est simple : la DZ mafia essaie de nous rançonner ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une rançon de 50 000 euros et des expéditions punitives

Les enquêteurs évoquent une somme de 50 000 euros qui aurait été réclamée par les malfaiteurs. Les menaces se sont rapidement transformées en actions violentes. Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus se sont présentés près du domicile de la famille, dans un quartier résidentiel du centre-ville d'Alès, avec l'intention d'incendier leur véhicule. N'y parvenant pas, ils ont mis le feu à des poubelles à proximité. La nuit suivante, ce fut au tour du restaurant d'être vandalisé : portes dégradées et vitres fracassées.

Un cri d'alarme face à l'insécurité grandissante

Au-delà du traumatisme personnel, la famille Guven lance un véritable cri d'alarme sur la dégradation du climat sécuritaire à Alès. « On voit bien que l'insécurité augmente à Alès. Dans ce quartier, il n'y a plus de commerce et on nous brûle ? Ça ne donne pas envie d'investir ici tellement il y a de l'insécurité », déplore Ramazan Guven. Les patrons, qui travaillaient jusqu'à treize heures par jour, estiment être devenus des cibles parce qu'ils réussissaient modestement : « Vu qu'on gagne un peu, ça attire les voyous ».

Une enquête judiciaire en cours

Les autorités judiciaires prennent cette affaire très au sérieux. « Ces menaces sont prises très au sérieux », assure Quentin Larroque, substitut du procureur de la République d'Alès. Une enquête approfondie est menée par la police pour identifier et interpeller les auteurs de ces actes. « Nous sommes déterminés à aller au bout des investigations », ajoute le magistrat, soulignant l'engagement des forces de l'ordre à rétablir l'ordre et la sécurité dans ce secteur.

La famille Guven, désormais sans ressources et profondément meurtrie, espère que la justice fera rapidement son œuvre. « On espère que l'enquête avance. Maintenant qu'on est à la rue, on espère que les menaces vont s'arrêter », conclut Ramazan Guven, résumant le désarroi de nombreux petits commerçants confrontés à la violence et au racket.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale