Un drame sur chantier conduit au tribunal judiciaire de Bayonne
Presque quatre ans après les faits, la justice s'apprête à juger les responsables présumés d'un accident de chantier mortel survenu à Bayonne. La société Lapix Bâtiment ainsi que deux de ses employés, un chef de chantier de 59 ans et un conducteur de travaux de 61 ans, comparaîtront devant le tribunal judiciaire bayonnais le 23 juin prochain. Ils sont poursuivis pour homicide involontaire suite à l'effondrement d'une grue qui a coûté la vie à Mohammed Kichouchi, père de famille de 42 ans, le 9 mars 2022.
Les circonstances tragiques de l'accident
Le drame s'est produit sur un chantier situé dans le quartier Saint-Esprit de Bayonne, au 36 boulevard Alsace-Lorraine. Ce jour-là, une grue de chantier s'est brutalement effondrée sur un immeuble voisin, éventrant un appartement dans sa chute. Le conducteur de l'engin, Mohammed Kichouchi, a été projeté de sa cabine et a trouvé la mort sur le coup. Les secours dépêchés sur place n'ont pu que constater le décès de ce travailleur de 42 ans, laissant derrière lui une famille en deuil.
Une enquête qui met en lumière des négligences graves
L'enquête judiciaire, qui vient de s'achever après près de quatre années d'investigations, a permis d'établir une série de défaillances techniques et organisationnelles. Les experts mandatés par la justice ont pointé du doigt une succession d'erreurs dans la construction et l'installation de la grue, avec en particulier un défaut majeur dans la réalisation des fondations.
Le béton utilisé pour les fondations n'était pas suffisamment sec au moment de sa mise en place. Cette humidité excessive s'explique par la proximité immédiate du chantier avec le fleuve Adour, dont les influences maritimes ont saturé le sol en eau. Malgré l'installation d'un système de pompage, celui-ci s'est révélé totalement inefficace pour assécher correctement les fondations avant la pose du béton.
Un hommage annuel et une procédure judiciaire qui avance
Comme chaque année depuis le drame, un hommage poignant a été rendu à Mohammed Kichouchi le 9 mars dernier à Bayonne. Sa famille, accompagnée de plusieurs organisations syndicales dont la CGT construction, la FSU, le LAB et Solidaires Pays basque, ainsi que le Collectif d'habitants 22 Bergeret, s'est réunie pour honorer sa mémoire.
Sur le plan judiciaire, l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC) de Bayonne a été rendue le 3 mars dernier, marquant la fin de l'instruction et l'ouverture de la phase de jugement. La société Lapix Bâtiment et ses deux employés devront maintenant répondre de leurs actes devant la justice pour ce qui s'apparente, selon l'accusation, à des négligences ayant conduit à la mort d'un homme.
Ce procès, prévu pour le 23 juin au tribunal judiciaire de Bayonne, devrait permettre de faire toute la lumière sur les responsabilités dans cette tragédie qui a bouleversé la communauté bayonnaise et le monde du bâtiment.



