Juan-les-Pins : des commerçants en colère face au risque d'effondrement de leur immeuble
Depuis le vendredi 10 avril 2026, une inquiétude palpable règne parmi les commerçants du 4, square du Lys à Juan-les-Pins. Leur immeuble, jugé dangereux par les autorités, a été fermé d'urgence en raison d'un risque d'effondrement de la façade, plongeant plusieurs entreprises dans l'incertitude et la colère.
Une fermeture brutale et ses conséquences immédiates
Thierry et Sandrine Maria, propriétaires du restaurant Terre et Mer, ont vu leur établissement fermé du jour au lendemain. « La police, l'adjoint au maire et l'expert judiciaire ont débarqué en soirée, au début du service, avec un arrêté de mise en péril », racontent-ils, encore sous le choc. La cause : une coursive extérieure en bois et des escaliers d'accès aux étages, situés à l'arrière du bâtiment, qui menacent de s'effondrer et pourraient entraîner toute la façade avec eux.
Pour Habib El Maachi, responsable de la boulangerie O'Blé des Lys, la situation est particulièrement critique. « Mon laboratoire est totalement indépendant et situé dans un autre immeuble adjacent, mais ils partagent un mur. Parce qu'il est condamné, je ne peux plus fournir mes trois magasins », explique-t-il. Résultat : 22 employés se retrouvent à l'arrêt, et les pertes financières s'accumulent.
Des pertes économiques et des risques sécuritaires
Le bar à huîtres du square a déjà perdu entre 800 et 1 000 euros de coquillages, tandis que la pizzeria L'Acqua in Bocca subit le même sort. Mais au-delà des pertes matérielles, les commerçants signalent des dégradations préoccupantes. « Il commence à y avoir des squatteurs. Vendredi soir, mon alarme a sonné cinq fois. Des gens essaient de s'introduire, car ils voient que les appartements sont vides », déplore l'un d'eux.
L'absence d'échafaudage, plus d'une semaine après la fermeture, ajoute à l'angoisse. Un devis a été réalisé, mais aucun travaux n'ont encore débuté. « Lundi, on nous a dit que des étais allaient être posés pour renforcer la structure et que l'activité des restaurants et de la boulangerie pourrait reprendre d'ici 8 à 10 jours, tandis que cela prendrait 15 à 20 jours pour les habitants. Une semaine plus tard, il n'y a toujours pas l'ombre de travaux », s'indignent les commerçants.
Un manque de communication criant
À l'angoisse de l'attente se mêle une colère sourde face au silence des autorités. Sandrine Maria estime qu'il y a « un manque cruel de communication ». « Nous n'avons reçu aucun arrêté directement, le seul exemplaire a été affiché sur la porte par la mairie. C'est complètement anormal », affirme-t-elle.
Thierry Maria anticipe déjà les difficultés administratives à venir. « Il faudra attendre le passage de la commission d'hygiène pour pouvoir accueillir du public. Si cette dernière met une semaine à passer, les assurances pourraient nous reprocher de ne pas avoir ouvert le jour de la levée de l'arrêté », craint-il. Pour l'élue déléguée à la sécurité civile, Marika Roman, la mise en sécurité devrait intervenir « d'ici quelques jours », mais les commerçants restent sceptiques.
En attendant, le petit groupe résume sa frustration en une phrase : « Encore aujourd'hui, on n'est au courant de rien. Et on ignore où l'on va… ». Avec la saison estivale qui approche, chaque jour perdu assombrit un peu plus leur avenir économique.



