Juan de Castilla, matador blessé, mène une course contre la montre pour reprendre l'épée
Le matador colombien Juan de Castilla, qui doit se produire en France cette saison notamment à Mont-de-Marsan, s'est engagé dans une véritable course contre la montre pour reprendre l'épée. Gravement blessé le 6 janvier à Manizales en Colombie, le diestro suit actuellement une rééducation intensive à Madrid après avoir passé onze jours hospitalisé dans son pays natal.
Une blessure grave nécessitant une rééducation intense
L'accident a été particulièrement violent : la corne du taureau a transpercé sa cuisse droite sur une trajectoire ascendante de 20 centimètres, et dans sa chute, le jeune torero s'est fracturé le tibia de la jambe gauche, une fracture ouverte qui complique considérablement sa convalescence.
« C'est un processus lent qui demande beaucoup de récupération, surtout à cause de la fracture », explique Juan de Castilla. « Mais bon, heureusement, ça se passe très bien, je progresse de manière constante. C'est une question de patience. »
Le matador ne ménage cependant pas ses efforts : « C'est une rééducation très intense. Dure, faite de sacrifices… mais c'est la seule façon d'atteindre mes objectifs et d'être à 100 % à chaque fois que je me retrouve devant un toro. C'est dur, c'est difficile. »
Une reprise programmée pour le printemps
Juan de Castilla vise une réapparition rapide, d'abord à Villaseca de la Sagra le dimanche 21 mars pour un mano a mano avec Gomez del Pilar, puis éventuellement à San Agustín de Guadalix pour la feria des 25 et 26 avril si les délais de récupération ne permettent pas la première option.
« On sait que notre récupération, celle des toreros, est comme ça : très intense, très rapide », précise-t-il. « C'est pour ça que je me donne autant à la salle de sport, en rééducation, au quotidien, parfois plusieurs fois par jour, à raison d'une heure par séance, pour que ce moment arrive au plus vite. »
Un parcours marqué par les défis
Le choix de reprendre dans des arènes réputées difficiles comme San Agustín de Guadalix ne surprend pas le matador : « Ma vie n'a jamais été tranquille. Elle n'a jamais été facile. Ça a toujours été des défis très difficiles, des défis de taille. »
Juan de Castilla reconnaît que les corridas difficiles avec des élevages exigeants représentent un rythme éprouvant, mais nécessaire : « C'est difficile de tenir un tel rythme avec ce type d'élevages, mais je dois être conscient que c'est ce qui m'aide à garder la tête hors de l'eau. Ce sont ces types de feria et de contrats qui m'ont aidé à m'en sortir et à quitter l'anonymat. »
La souffrance, partie intégrante du métier
Interrogé sur le prix à payer pour exercer cette profession dangereuse, le matador répond sans détour : « C'est le prix à payer et à assumer quand on choisit cette profession. Il faut être familiarisé avec les cornadas, avec les hôtels, avec la souffrance, l'incertitude, la douleur… Parce que moins on a de mal à vivre avec ces situations, plus il est facile, je pense, de glaner triomphes et succès. »
À la question de savoir si la souffrance fait partie de la gloire, comme le disait Juan José Padilla, il nuance : « Si je pouvais éviter de souffrir pour atteindre la gloire, je l'éviterais ! La souffrance, souvent, te forge, te rend plus fort, plus résilient et plus résistant. C'est le chemin à parcourir. Nous savons que nous devons endurer et vivre ces moments, autant les assumer avec la plus grande dignité possible et continuer d'avancer. »
Accepter les risques du métier
Quant à la perspective de nouvelles blessures lors de sa reprise, Juan de Castilla adopte une philosophie réaliste : « Je pense que chaque torero qui se remet d'un coup de corne sait parfaitement qu'il peut en recevoir un autre. Il sait qu'un autre peut arriver dans sa vie, peut-être même plus grave. Mais la vérité, c'est qu'on n'y pense pas, on continue d'avancer. »
Il compare sa situation à celle d'autres professions à risque : « C'est comme un pilote de Moto GP : il est évident qu'à un moment donné, il va tomber de sa moto. Pour un pompier, on sait qu'on peut se brûler… Pour un torero, on sait qu'à un moment donné, un toro va nous attraper, ça fait partie du métier. On vit avec cette idée et on ne le voit pas de manière négative ; c'est simplement, comme je le disais, une partie de notre travail. »
Juan de Castilla poursuit donc sa rééducation avec détermination, s'entraînant quotidiennement pendant une heure par séance, parfois plusieurs fois par jour, portant encore une botte orthopédique pour sa fracture du tibia, mais déjà tourné vers sa prochaine sortie dans l'arène, qu'elle soit en Espagne ou en France.



