Une octogénaire du Lot-et-Garonne plongée dans le noir et le froid après les tempêtes
Josette Chazallon, 82 ans, habite seule dans sa maison centenaire du Buzéquais, un petit coin de paradis entre la Baïse et la Voie verte dans le Lot-et-Garonne. Depuis le passage des tempêtes Nils et Pedro, il y a près de deux semaines, ses conditions de vie sont devenues extrêmement rudes. Alors que le département panse encore les plaies des crues et inondations récentes, Josette, elle, fait face à un paradoxe cruel : l'eau est omniprésente autour de chez elle, mais elle en est privée chez elle, tout comme de l'électricité et du chauffage.
Un quotidien de survie sans confort moderne
« Je vous aurais bien proposé un café, mais je ne peux pas le faire », s'excuse Josette, désarmée. Rien ne coule de ses robinets, et même si c'était le cas, elle n'aurait pas d'électricité pour chauffer l'eau. Le chauffage est également coupé, et le thermomètre affiche une température de seulement 13 degrés dans la maison. Dûment emmitouflée dans sa polaire, elle survit en mangeant froid, sans pouvoir utiliser sa plaque chauffante ou son micro-ondes. Pour les besoins naturels, elle doit se débrouiller avec un verre qu'elle jette ensuite dans le jardin, une situation qu'elle qualifie d'inhumaine.
Une priorité remise en question pour les personnes âgées
Le passage d'Enedis n'a apporté qu'une réponse glaçante à Josette : « Ils m'ont dit que je n'étais pas prioritaire ». Cette déclaration l'a profondément blessée et indignée. « Il va falloir me redonner la définition de la priorité parce qu'ici, on n'est peut-être que deux habitants, mais moi j'ai 82 ans et mon voisin 75 ans. On se croirait au Moyen Âge », lance-t-elle avec amertume. Pour s'éclairer, elle doit utiliser une lampe de poche, notamment pour gravir l'étroit escalier en bois menant à sa chambre, tandis qu'un lustre branché sur une phase faible lui offre une lumière vacillante et peu rassurante.
La solidarité en question et l'attente des pouvoirs publics
Seule la municipalité est intervenue pour lui apporter un grand conteneur d'eau potable, sa seule source d'eau actuelle. Josette s'interroge sur l'absence de réaction des autres pouvoirs publics et des prestataires de distribution. « Où est la solidarité ? », demande-t-elle, tout en reconnaissant voir des initiatives bénévoles sur les réseaux sociaux, qu'elle peut consulter grâce à une connexion Internet miraculeusement préservée. Infatigable présidente de l'association Pari 47, elle reste entourée de sa famille mais tient farouchement à son indépendance, ayant dormi seulement quelques jours chez ses enfants avant de revenir chez elle, lieu de 63 ans de vie commune avec son mari récemment disparu.
Une incertitude persistante et des préoccupations familiales
Josette pense également à l'activité de pépiniériste reprise par son fils, s'inquiétant de savoir comment il pourra planter ses peupliers sans eau ni électricité. La seule date certaine qu'elle connaît pour un retour à la normale est celle d'une intervention d'Enedis prévue ce mercredi 25 février, l'énergéticien ayant indiqué que le raccordement était « complexe ». En attendant, elle survit dans des conditions précaires, symbolisant le sort des sinistrés oubliés des grandes manœuvres de redéploiement des services essentiels.



