Jack Lang, alors président de l’Institut du monde arabe, au Parlement égyptien, au Caire, le 18 avril 2016. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE » Mardi 3 février, Jack Lang est encore maître en son royaume. Il reçoit Le Monde, assis dans le canapé de son bureau aux parois de verre, au huitième étage de l’Institut du monde arabe (IMA), où il se rend chaque jour à pied de la place des Vosges, juste de l’autre côté de la Seine, depuis plus de treize ans.
Une révélation choc de Mediapart
L’ancien ministre de la culture de François Mitterrand bondit de surprise lorsqu’on lui demande s’il compte démissionner. Il s'exclame : « Qu’ai-je fait de répréhensible ? Quelle opération de justice est engagée contre moi ? C’est absurde. » La veille, Mediapart a révélé les « liens financiers » entre les Lang, c'est-à-dire l’ex-ministre et sa fille Caroline, et le pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
Les détails des relations avec Epstein
Jeffrey Epstein était un homme d’affaires au réseau tentaculaire, mort en détention en août 2019. Dans la masse de courriels publiés le 30 janvier par la justice américaine, la relation entre les Lang et Epstein apparaît tissée de cadeaux et de services rendus durant sept ans, jusqu’à l’arrestation du prédateur sexuel, en 2019.
Ironiquement, Jack Lang ne manie pas les e-mails, que son entourage lui imprime pour qu’il les annote. « Il n’a pas d’ordinateur, il n’a jamais écrit un seul mail de sa main », confirme son équipe à l’IMA. Il voyage dans le monde entier, mais ne parle pas non plus très bien l’anglais.
Le contexte de la révélation
Cette affaire survient alors que Jack Lang reste une figure emblématique de la culture française, présidant l’IMA avec dévouement. Les révélations de Mediapart jettent une lumière nouvelle sur ses relations personnelles et financières, soulevant des questions sur l'étendue de ses connexions internationales.
Les détails des échanges avec Epstein, bien que non entièrement publics, suggèrent une proximité qui a duré plusieurs années, jusqu'à l'intervention des autorités américaines. Cette histoire rappelle l'importance de la transparence dans les affaires publiques et privées des personnalités influentes.