Ivry : Iléana, 10 ans, disparue depuis près de deux semaines, la famille s'inquiète
Ivry : Iléana, 10 ans, disparue depuis près de deux semaines

Les avis de recherche se multiplient en ligne comme dans les rues d’Ivry depuis la disparition d’Iléana, 10 ans, survenue le samedi 9 mai dans la soirée. La fillette n’avait alors pas regagné le camp rom de l’avenue Jean-Jaurès où elle résidait avec sa grand-mère, dans le quartier d’Ivry-Port, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Une disparition inquiétante

D’après le parquet de Créteil, Iléana, aussi appelée Natasha, a été vue pour la dernière fois « alors qu’elle mendiait devant le magasin Lidl », à côté du camp. Un appel à témoins a été diffusé par la préfecture de police de Paris le 14 mai, cinq jours après la disparition de la jeune fille. Une procédure pour disparition inquiétante a également été ouverte et la brigade de protection des mineurs a été saisie des investigations.

Témoignages de proches

« On est tous inquiets dans la famille », insiste Sorin, l’oncle d’Iléana. Le jeune homme de 18 ans présente sa nièce comme « super gentille, elle riait tout le temps. Si vous lui parlez quinze minutes ça vous ouvre le cœur ». Fatima, habitante d’Ivry depuis une cinquantaine d’années, la croisait souvent devant le Lidl. « On la voyait tout le temps faire la manche. Elle était discrète, ne parlait pas beaucoup ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La fillette vivait dans le bidonville avec sa grand-mère, tandis que ses parents résident au Canada. « C’est impossible qu’elle soit là-bas, précise Sorin. Son père n’a pas d’informations non plus, il est en panique lui aussi », ajoute l’oncle, qui écarte la piste d’un départ outre-Atlantique.

Critiques sur la réactivité des autorités

Le jeune homme déplore que la police « n’ait pas réagi rapidement » et « pense à une discrimination » envers sa communauté. L’avocat de la famille, Me Louis Robatel, nuance. « D’après les échanges que j’ai eus avec la brigade des mineurs, les policiers ont plutôt bien fait leur travail. Mais c’est vrai qu’au niveau de la communication, je n’ai pas eu beaucoup d’informations des autorités alors que je suis l’interlocuteur direct de la famille, notamment pour des questions de langue ». Il précise que les parents d’Iléana prévoient de rentrer en France fin mai, suite à la disparition de la jeune fille.

Un appel à une alerte enlèvement

« Les enfants ne disparaissent pas dans les bidonvilles, insiste Clément Étienne, coordinateur du programme Bidonvilles de Médecins du Monde. Il peut y avoir des fugues, mais ça reste anecdotique ». Lui estime qu’une alerte enlèvement nationale aurait dû être déclenchée plus tôt. « Il y a une image d’Épinal selon laquelle les Roms enlèvent des enfants. Alors on se dit que c’est normal, qu’elle a dû partir avec ses cousins, or on a peut-être affaire à un vrai enlèvement ».

Pour qu’une alerte enlèvement soit déclenchée, quatre critères rentrent en compte : l’enlèvement doit être avéré, l’intégrité physique ou la vie de la victime en danger, des éléments d’informations doivent permettre de localiser l’enfant ou le suspect et la victime doit être mineure. L’accord des responsables légaux est également nécessaire pour le déclenchement de l’alerte.

Des recherches sans succès

L’avis de recherche précise que la jeune fille d’ « 1 m 50, est de type caucasien, de corpulence normale, a des cheveux blonds/châtains ». Le jour de sa disparition, elle portait « un foulard gris clair, une chemise claire, une longue veste noire, une robe marron et des chaussures de type babouches rouges ». Le parquet de Créteil ajoute qu’Iléana serait « illettrée, ne connaîtrait ni sa date de naissance ni son identité ».

« Les recherches pour retrouver l’enfant demeurent vaines à ce jour » confirme le parquet de Créteil. L’entourage d’Iléana s’est déployé dans les villes avoisinantes, comme Vitry et Villejuif, sans succès. « On a mis des affiches, on a fait des recherches. Mais il n’y a pas beaucoup de personnes qui la cherchent avec nous. On espère organiser bientôt une mobilisation dans la ville », prévoit Sorin.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Dans le quartier, l’émotion a gagné la ressourcerie La Pagaille, située proche du camp d’Ivry où logeait Iléana. « Ça touche l’équipe » témoignent les salariés du magasin de seconde main, qui emploie des personnes de la communauté des gens du voyage. Là aussi, les affichettes resteront placardées jusqu’au retour espéré de la fillette.