Le Nord-Libournais submergé par des crues exceptionnelles
Ce samedi 14 février, le Nord-Libournais fait face à une situation hydrologique critique. Le grossissement simultané de l'Isle, de la Dronne et d'autres rivières a provoqué des débordements massifs, causant des dégâts considérables dans plusieurs communes. Si la Dordogne est restée dans son lit à Libourne, les territoires plus au nord sont en première ligne face aux éléments déchaînés.
Sablons : une commune isolée du monde
La commune de Sablons est particulièrement touchée, se retrouvant même isolée du reste du monde. De nombreuses routes d'accès au village sont inondées et interdites à la circulation. Le seul moyen d'accès passe par le lieu-dit Le Canton, où la route est également envahie par les eaux. Pour atteindre le centre du bourg, il faut patienter pour une navette improvisée assurée par deux tracteurs.
« Un tiers de la commune est touché, il faut savoir qu'ici on a l'Isle, la Dronne, le Lary et le Palais », indique le maire Jean-Claude Abanades. Le village avait déjà été victime d'une crue en 2023, « mais le niveau de celle-ci est supérieur de 10 cm et elle est arrivée plus rapidement », précise l'élu en montrant les repères installés sur un mur de la mairie.
Évacuations et inquiétudes pour les jours à venir
En début d'après-midi, les pompiers ont amené deux bateaux pour évacuer une dizaine de personnes. « Une autre dizaine l'a été ce matin, complète Jean-Claude Abanades. D'autres sont partis avant. » Le village attend maintenant la décrue, mais celle-ci risque d'être lente : « Si l'eau ne s'évacue pas dans les deux jours à venir, ça risque d'être pire la semaine prochaine ; une grosse marée est prévue et le retour de la pluie est d'ores et déjà annoncé. »
Comme si la situation n'était pas assez difficile, Sablons est également privée d'électricité. « Pour une partie des habitants, c'est depuis la tempête Nils, et pour d'autres, depuis vendredi soir », déplore le maire.
Coutras : des riverains en première ligne
Un peu plus au nord, à Coutras, la situation n'est pas plus enviable pour certains habitants dont les maisons bordent l'Isle ou la Dronne. Dans une petite rue, Mélanie Lavigne soupire : « La maison n'est pas touchée, j'ai mis des bâches et des parpaings. Et j'ai l'impression que l'eau ne monte plus. Maintenant, il n'y a plus qu'à attendre. »
Un peu plus loin, dans la rue Pierre-Brossolette – la route qui part vers Libourne –, une femme exprime son soulagement : « Le jardin est inondé mais, heureusement, la maison est surélevée. »
Une famille confrontée à la répétition des inondations
Là, l'Isle a largement débordé et le voisin de cette riveraine, Mathieu Lespinasse, n'a pas cette chance : l'eau est entrée dans la maison. « C'est monté vendredi vers 4 ou 5 heures, j'avais mis des batardeaux mais les joints ont cédé. Il y a eu 2 cm d'abord et, actuellement, on est à 8 cm. Heureusement, on a mis les meubles à l'abri. »
Une inondation qu'il essaie de stabiliser avec la mise en marche de trois pompes. L'homme et sa famille, déjà inondés en avril, songent à partir : « On savait qu'on était en zone inondable mais on n'était peut-être pas au courant de tout. »
Les champs entre Libourne et Coutras sont transformés en véritables lacs, témoignant de l'ampleur exceptionnelle de ces inondations qui paralysent une partie du Nord-Libournais.



