Le tribunal de Béziers a condamné jeudi un homme de 27 ans à quatre ans de prison ferme pour avoir allumé un incendie qui a ravagé 80 hectares de garrigues à Carlencas, dans l’Hérault, le 5 juillet. L’ancien pompier volontaire, qui encourait treize ans de détention en raison de la récidive, a été reconnu coupable d’incendie volontaire.
Un incendie parti le 5 juillet à Carlencas
Le feu s’est déclaré le 5 juillet à Carlencas, une commune de l’Hérault. Deux témoins ont aperçu l’homme en train d’observer les flammes, ce qui a permis son interpellation rapide. Placé en garde à vue, il a reconnu avoir allumé l’incendie, expliquant qu’il souhaitait « brûler une lettre d’adieu destinée à sa fille, décédée en bas âge l’année précédente ».
Sa compagne a toutefois indiqué aux enquêteurs qu’il lui avait annoncé, avant les faits, qu’il « allait faire une connerie ». Cette déclaration a pesé dans l’appréciation de l’intention par les juges, qui ont retenu le caractère intentionnel de l’incendie, sa gravité, ainsi que la volonté délibérée d’allumer un feu.
Une peine conforme aux réquisitions, avec une mesure sociojudiciaire
Le tribunal a pris en compte une altération du discernement du prévenu, qui avait déjà été condamné en 2019 à trois ans de prison pour des faits similaires. En peine complémentaire, il devra suivre une mesure sociojudiciaire de cinq ans avec injonction de soins, et verser 5.000 euros à la commune de Lunas au titre du préjudice écologique.
La peine est conforme aux réquisitions du parquet, dont le représentant a souligné que l’accusé, en tant qu’ancien pompier volontaire, « savait ce qu’il faisait ». La défense, assurée par Me Lisbeth Andreu, a plaidé la clémence, décrivant un homme fragile et appelant à ne pas juger, à travers ce dossier, « l’ensemble des incendies de l’été ».
Un prévenu fragile et des tentatives de suicide
Depuis son placement en détention provisoire, l’homme a déposé une demande de remise en liberté et a fait cinq tentatives de suicide. Le tribunal a néanmoins maintenu la peine de prison ferme.
Les incendies de végétation sont à 90 % d’origine humaine, que ce soit accidentel ou criminel. Le changement climatique, avec ses canicules à répétition et une sécheresse extrême, aggrave le risque partout en France.



