Incendie de l'Escalette : une chaîne de solidarité évite le pire
Incendie de l'Escalette : une chaîne de solidarité évite le pire

Le 14 août dernier, un incendie déclenché par un feu de voiture sur l'A75 a parcouru 220 hectares, touchant deux exploitations agricoles et la forêt de Saint-Félix-de-l'Héras, dans l'Hérault. Grâce à une chaîne de solidarité entre agriculteurs, villageois et pompiers, aucune victime n'est à déplorer, mais les dégâts matériels sont considérables.

Un feu parti d'un véhicule sur l'A75

Vendredi 14 août, vers 14 heures, un véhicule a pris feu avant le tunnel du Pas de l'Escalette sur l'A75, dans le sens sud-nord. Parti de la commune de Pégairolles, le feu s'est rapidement propagé vers Saint-Félix-de-l'Héras à la végétation attenante. Franchissant l'imposante barre rocheuse, il s'est dirigé vers les exploitations du Mas Audran et du Mas de Roquelaure un peu plus loin.

Quinze jours après, le paysage témoigne de la violence du sinistre qui a détruit plus de 200 hectares ce jour-là, sans faire de victime. Les réseaux électriques et téléphoniques ont également été touchés, compliquant les communications dans la zone.

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Les agriculteurs au secours de l'exploitation

Le domaine du Mas Audran, propriété de la famille Olivier et exploité par la famille Foulquier, a été très fortement touché. Ghislaine Foulquier témoigne : « Nous avons eu très peur… En effet, nous n'avons pas pu sortir les brebis des bâtiments car les gendarmes nous ont donné l'ordre d'évacuer immédiatement. »

« Les vaches dans leur stabulation étaient apeurées. Nous avions du souci pour une jument et notre ânesse, qui se trouvaient là où le feu se propageait. Néanmoins, elles en sont sorties saines et sauves en revenant vers les bâtiments. Par contre, le gibier a beaucoup souffert. Nous avons eu des dommages notamment aux silos boudins, aux bottes d'herbe enrubannées et aux clôtures », poursuit l'agricultrice.

Elle évoque la formidable chaîne de solidarité qui s'est très vite mise en place : « Des agriculteurs voisins sont venus spontanément nous prêter main-forte pour protéger nos bêtes et l'exploitation pendant que d'autres arrivaient avec des citernes pour alimenter les camions de pompiers dans le dispositif de secours. Ces soutiens précieux, la présence et le réconfort nous ont énormément touchés. »

Des élus réclament un plan de débroussaillage

Ce nouvel incendie de véhicule, le deuxième de l'été après celui de fin juin dans la montée de l'Escalette pour un fait similaire, inquiète les élus locaux. Frédéric Roig, maire de Pégairolles-de-l'Escalette, président de la communauté de communes Lodévois et Larzac et de l'Association des maires de l'Hérault, a fait part de ses préoccupations à Célia Pouget, la sous-préfète de Lodève.

« Il y a une quinzaine d'incidents en moyenne par an sur cette zone de l'A75 à risque, sans véritable itinéraire de substitution adapté. Après l'avoir déjà dit et répété, aujourd'hui nous réclamons un vrai plan de débroussaillement du secteur de l'Escalette en bordure de l'autoroute », déclare l'élu. « On embête les maires, les citoyens, et c'est normal, avec les obligations légales de débroussaillement et là, rien. L'État doit prendre ses responsabilités. Ça suffit, les agriculteurs et les communes ne doivent pas être des victimes collatérales ! » ajoute-t-il.

Frédéric Roig devrait participer à une rencontre en septembre en sous-préfecture de Lodève avec les différents services de l'État et la DIR Massif central pour aborder ces questions.

Les villageois au côté des gendarmes

Le maire de Saint-Félix-de-l'Héras, Romain Wouters, présent lors de l'incendie, salue également la mobilisation : « Les agriculteurs avec qui nous sommes solidaires ont été extraordinaires avec les personnes touchées et les pompiers sur un secteur où les accès sont très compliqués. Comme la population du village qui a aidé la gendarmerie pour faire la circulation sur une des entrées du village. Car l'autoroute et la RD155 étaient fermées, ce qui a occasionné une énorme pagaille sur des routes secondaires et des chemins en plein mois d'août. »

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« Une partie de la forêt communale a brûlé et nous attendons l'évaluation des dégâts avec l'ONF, qui détermineront les mesures à venir », précise-t-il. L'élu souhaite que cet incendie permette de tirer des leçons : « Il doit permettre d'améliorer notre Plan communal de sauvegarde, d'identifier plusieurs actions à mettre en place face à ce genre d'évènement en attendant l'arrivée des secours, pour être encore plus réactifs. »

Les expertises en cours devront évaluer l'ampleur des dégâts, qui s'annoncent énormes sur les cultures, tandis que les élus attendent des réponses concrètes de l'État lors de la rencontre de septembre.