Un incendie dévaste cinq hectares, les maisons épargnées
Ce lundi matin, les habitants mesurent l’ampleur des dégâts de l’incendie ayant décimé cinq hectares au nord-est de la ville. Si aucune habitation n’a été détruite grâce à l’intervention rapide des pompiers, plusieurs riverains ont vu les flammes s’approcher dangereusement de leur maison. Les circonstances du départ de feu restent à éclaircir et une enquête est en cours pour en déterminer l’origine.
Le témoignage d’un riverain : « En trois minutes, ça s’est embrasé »
Chemin du Thym, à quelques dizaines de mètres du départ de feu, un riverain nettoie les dégâts dans son jardin, les mains noircies par la cendre. Il était chez lui hier quand les premières fumées l’ont interpellé, vers 15 h 30. « On a appelé les pompiers et en trois minutes ça s’est embrasé jusque chez nous », raconte-t-il. « Le feu a mangé toute la clôture et il est venu dans le champ juste derrière notre maison. Il n’a jamais été nettoyé, il y avait beaucoup de paille, c’est devenu un lit de feu. » Sa maison en bois a été sauvée. Seuls les abords, dont le jardin, ont été impactés. Après une évacuation d’environ quatre heures, lui et son épouse ont pu regagner leur maison, encore secoués par les événements. « On n’a pas dormi de la nuit. J’ai travaillé dans le bâtiment donc je relativise, mais pour ma femme c’est compliqué. »
L’entraide entre voisins
Moins de 24 heures après l’incendie, l’entraide se met en place. Une voisine vient prêter main-forte pour déblayer les stigmates de la veille. Sa maison, à l’angle de la rue, a elle aussi été touchée par les flammes. « Je suis sortie, j’ai immédiatement senti la chaleur puis j’ai vu un mur de flammes », explique-t-elle. « On n’a pas pu dormir chez nous cette nuit, les pompiers ont constaté qu’il y avait un taux de monoxyde de carbone trop élevé dans la maison. » Son compagnon habite le quartier depuis 28 ans. « Il y avait 30 ou 40 centimètres d’épines près de la maison qui n’ont jamais été nettoyés. Après plusieurs réclamations, ils ont été enlevés au mois d’avril. Sinon, tout le quartier aurait pris feu. »
Un couple découvre un paysage dévasté
À leur retour, Robert et Valérie découvrent un paysage dévasté. Absents de leur domicile au moment du départ de feu, ils ont été prévenus alors qu’ils étaient partis la veille. « Heureusement qu’on est revenus », souffle le couple, encore sous le choc. Les flammes ont parcouru environ un hectare dans le jardin des deux sinistrés. La maison de Robert et Valérie a échappé de peu aux flammes grâce à l’intervention rapide des pompiers. Pour empêcher le feu d’atteindre l’habitation, les secours ont puisé de l’eau dans la bouche d’incendie mais aussi vidé une grande partie de leur piscine. « C’est la piscine qui a sauvé la maison », résume Robert. Tout autour, les bambous, les haies et plusieurs arbres ont été réduits en cendres. Si le couple peut encore dormir chez lui, les conditions restent précaires. Le forage alimentant la maison a été endommagé par l’incendie, les privant du confort habituel. « On peut rester chez nous, mais sans eau ni électricité. » À cette inquiétude s’ajoute celle de leurs animaux : sur leurs trois chats, un a été retrouvé brûlé au deuxième degré, tandis que deux autres restent introuvables.
Un « travail extraordinaire » des pompiers salué
Malgré l’émotion, Robert et Valérie retiennent avant tout l’action des secours. Sans leur intervention, assurent-ils, leur maison aurait probablement été détruite par les flammes. Si le feu a été maîtrisé dimanche sur les coups de 17 h, les pompiers étaient encore sur les lieux de l’incendie ce lundi matin. Les riverains, à l’unanimité, ont salué un « travail extraordinaire » des soldats du feu. Une enquête a par ailleurs immédiatement été engagée pour tenter de déterminer l’origine du sinistre. Contactés ce lundi, les gendarmes chargés se bornent à dire qu’il est inutile de spéculer à ce stade.
Le chantier de la future piscine à l’arrêt
Si les hommes du feu ont réussi la prouesse de sauver des flammes l’école Louise-Michel et le lycée Victor-Hugo proches du sinistre, l’incendie qui s’est déclaré dimanche derrière la halle intercommunale n’a pas épargné le chantier du futur complexe aquatique Pierre-Soujol. Tôt en matinée, ce lundi 6 juillet, le président de Lunel Agglo Jérôme Boisson et le maire Paulette Gougeon se sont rendus sur place avec les responsables de la société Territoire 34 et de l’entreprise Eiffage. Une visite qui a permis d’avoir une première approche des dégâts. « Nous nous sommes rendus sur la partie du chantier située le long du chemin des Amandiers, c’est là que les impacts sont le plus visibles. Malheureusement, on est un peu plus inquiets que les images prises hier pouvaient le laisser penser. L’alimentation électrique est entièrement détruite, beaucoup de matériaux entreposés ont brûlé et à certains endroits le feu a attaqué le béton », résume Jérôme Boisson. Désormais, les experts de la société Eiffage et des assurances vont approfondir ces premiers constats. En attendant, le chantier qui était au stade de la construction des fonds de bassins est à l’arrêt et la vingtaine de salariés qui était à pied d’œuvre a été redéployée, dès ce lundi, par Eiffage sur d’autres réalisations en cours dans la région. « On est d’accord avec le maire pour ne prendre aucun risque. On est en phase de construction des fondations et des structures et on ne mettra pas la pression sur l’entreprise, s’il faut différer l’ouverture de quelques mois, on le fera », insiste Jérôme Boisson.



