Hyères : un immeuble de bureaux squatté par des SDF, les professionnels à bout
Hyères : un immeuble squatté par des SDF, les pros à bout

Depuis novembre 2025, des sans-domicile-fixe occupent quotidiennement les couloirs et les escaliers de l'immeuble des Dames de France, un bâtiment emblématique de Hyères. Les professionnels qui y travaillent — avocats, médecins, kinésithérapeutes, dentistes ou psychiatres — dénoncent une situation intenable, marquée par des problèmes de sécurité, d'hygiène et un risque d'incendie. Face à l'échec des dialogues et des interventions policières, les copropriétaires cherchent encore une solution.

Un squat quotidien dans un immeuble historique

Le bâtiment des Dames de France, construit à l'origine pour abriter un grand magasin, est l'un des immeubles les plus connus de Hyères. Situé en haut de l'avenue Gambetta, il est représentatif de l'architecture Art Nouveau avec ses baies vitrées, sa marquise, sa corniche cintrée, son fronton arrondi et ses décors végétaux. Il fait l'objet d'une notice de la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture. Aujourd'hui, son rez-de-chaussée est occupé par un fast-food et une pharmacie, tandis que les étages abritent des bureaux de professions de santé ou de juristes.

Depuis fin 2025, les SDF ont pris l'habitude de s'y mettre à l'abri, entrant par la porte de secours ou en se glissant entre deux clients. « Ils passent par la porte de secours, à côté de la pharmacie ou s'infiltrent en se glissant entre deux clients. Ensuite, c'est compliqué de les déloger », s'agace l'avocate Marie Serra, porte-parole des professionnels de l'immeuble. Le docteur Philippe Eymery ajoute : « Avec tous les patients qu'on reçoit, il y a énormément de passage, c'est facile de rentrer. Ensuite, ils montent comme s'ils étaient chez eux. »

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Des conditions de travail dégradées

Chaque matin, les professionnels ne savent pas s'ils devront enjamber des SDF pour rejoindre leur bureau. « Moi en tout cas, je ne prends plus de rendez-vous à 8 heures du matin », grince l'avocat Bruno Aizac. Marie Serra souligne les problèmes de sécurité : « Dans le cabinet, nous sommes majoritairement des femmes. La présence de personnes qui peuvent être alcoolisées ou avec des chiens pose évidemment des problèmes de sécurité. »

Des problèmes d'hygiène s'ajoutent, les couloirs faisant parfois office de sanitaires. Le risque d'incendie est une autre source d'inquiétude majeure. « Ils occupent l'escalier de secours, un escalier en bois et y fument alors que nous avons des commissions de sécurité qui nous imposent des contraintes de tous les côtés et que nous avons été obligés de dépenser des fortunes pour que l'immeuble, qui a plus d'un siècle, respecte les normes actuelles », fulmine Bruno Aizac. Il estime impossible de verrouiller davantage l'immeuble pour cette raison.

Des tentatives de dialogue et de sécurisation vaines

Les tentatives de dialogue avec les squatteurs restent sans résultat, qu'elles soient menées calmement ou sur un ton plus ferme. Les passages réguliers de patrouilles de police n'ont pas plus d'effet. « Les policiers viennent et délogent tout le monde parfois deux fois par jour… mais une heure après, ça recommence. Tout le monde est revenu. Que l'on saisisse la police municipale ou la nationale, ça revient toujours au même », déplore Bruno Aizac.

Au printemps, les copropriétaires ont fait appel à un vigile pour sécuriser les lieux, une solution à 2 000 euros par semaine. Elle a fonctionné jusqu'à ce que le vigile se fasse tabasser par les squatteurs et abandonne.

La municipalité promet des interventions renforcées

Dominique Nivaggioli, adjoint au maire en charge de la sécurité, a été saisi par les résidents. Il place ce cas dans la problématique plus globale des SDF qui perturbent la tranquillité du centre-ville. Il assure que la police municipale, désormais autorisée à intervenir d'initiative dans cette propriété privée, va multiplier les interventions et évacuer les indésirables. « Ça devrait résoudre cette situation, mais malheureusement ça n'apportera pas de solution à la question générale des SDF. Le problème sera simplement déplacé », soupire-t-il, en promettant que la municipalité, élue au printemps, a bien sur sa feuille de route l'ambition de trouver des parades pour améliorer la tranquillité publique.

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