Toulouse : un hommage aux victimes de 2012 perturbé par des huées contre des élus LFI
Hommage à Toulouse perturbé par des huées contre des élus LFI

Un hommage aux victimes troublé par des protestations à Toulouse

Ce jeudi, lors d'une cérémonie solennelle en mémoire des victimes des attentats de mars 2012 à Toulouse, dont quatre personnes de confession juive, le candidat d'union de la gauche à la mairie, François Piquemal (LFI), a été la cible de huées et d'insultes. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, montre des participants criant « Dehors, LFI ! », « antijuif ! » ou encore « vous n'avez rien à faire ici, honte à vous le parti de l'islamisme ! ».

Des élus confrontés à une hostilité rare

François Piquemal participait à la cérémonie aux côtés du maire sortant Jean-Luc Moudenc, de représentants de l'État et de ses collègues députés Insoumis, Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir. Peu après, Hadrien Clouet a également été hué lors des commémorations de l'attentat de l'école Ozar-Hatorah. Inès Djelida, attachée de presse de François Piquemal, a révélé à l'AFP que des menaces de mort avaient été proférées contre les élus, qualifiant la situation de « très grave ».

Des réactions contrastées sur les motivations

Franck Touboul, président du Crif Toulouse présent lors de l'hommage, a décrit la scène : « François Piquemal est arrivé pour s'aligner sur le rang protocolaire parce qu'il avait l'intention de déposer une gerbe. Et, à ce moment-là, j'ai vu qu'il y avait une réaction avec des injures, avec des cris, des huées, etc. ». Il a ajouté que « LFI, sa stratégie, c'est la fracturation », tout en soulignant que le candidat aurait pour mission de rassembler les Toulousains s'il devenait maire.

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Pour Inès Djelida, les reproches adressés à François Piquemal seraient liés à son engagement pour Gaza. Elle a précisé que c'était la première fois qu'une telle situation se produisait, avec des menaces incluant des propos homophobes et des menaces de viol.

Un contexte historique et politique sensible

Cette cérémonie marquait le 14e anniversaire de l'assassinat d'un enseignant et de trois enfants dans une école juive de Toulouse par Mohammed Merah, qui avait aussi tué trois militaires entre le 11 et le 15 mars 2012. François Piquemal, se sachant sous surveillance après les polémiques liées à Jean-Luc Mélenchon, avait affirmé la veille lors d'un débat télévisé son « intransigeance » face à l'antisémitisme et aux discriminations.

Lors d'un débat sur France 3 Occitanie, l'ancien professeur d'histoire a brandi un prix reçu en 2016 pour son enseignement de la Shoah, en réponse à Jean-Luc Moudenc qui lui demandait de se « distancier » des propos de Mélenchon. « Que ce soit M. Mélenchon ou moi-même, nous avons toujours été clairs sur notre combat contre l'antisémitisme », a-t-il déclaré, ajoutant avoir toujours œuvré contre les mécanismes de la haine.

Dans une tribune à la presse, François Piquemal a souligné : « J'ai conscience que la violence à l'égard des personnes juives est profondément ancrée dans nos sociétés […] C'est pour cette raison et avec gravité que je prends part à la lutte contre l'antisémitisme ». Il a également mentionné que Jean-Luc Mélenchon s'était excusé si ses propos avaient blessé, montrant une volonté d'apaisement dans un climat tendu.

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