Lyon : Hommage sous haute surveillance à Quentin Deranque, militant d'extrême droite
Hommage à Quentin Deranque à Lyon sous haute surveillance

Lyon : Un hommage sous haute tension pour un militant d'extrême droite radicale

Ce samedi, un hommage pacifique au jeune militant nationaliste radical Quentin Deranque, décédé le week-end dernier après avoir été battu à mort par des militants d'ultragauche le 12 février, a débuté dans le 7e arrondissement de Lyon. Les autorités, craignant des affrontements entre l'extrême droite et des groupes d'ultragauche, surveillent de très près cette marche mémorielle.

Une mobilisation importante sous le signe de la sécurité

Plusieurs centaines de personnes, certaines le visage masqué, se sont rassemblées en début d'après-midi sur une place d'un quartier résidentiel de Lyon, point de départ d'une marche en mémoire du défunt. Le cortège s'est ébranlé vers 16 heures, avec une foule majoritairement masculine, des portraits brandis et des micros tendus vers les manifestants. De 2 000 à 3 000 participants étaient attendus, selon le ministère de l'Intérieur, venus de toute la France et d'Europe, plusieurs groupes d'ultradroite ayant relayé les appels à se rendre dans la capitale des Gaules.

La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a déclaré avant le début de la marche : « On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège », ni « en marge de cette marche », ajoutant que la vigilance se prolongerait « dans la soirée » pour éviter tout affrontement avec des contre-manifestants. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et la préfecture ont justifié leur feu vert en pesant les risques de violences et de trouble à l'ordre public contre la liberté d'expression, tout en mobilisant un dispositif de sécurité renforcé.

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Les réactions politiques et les tensions locales

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait plaidé en vain pour l'interdiction de la marche, déclarant : « Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l'ultradroite, à aucun moment ». Quelques heures avant le départ du cortège, le président Emmanuel Macron a appelé « tout le monde au calme » et a annoncé une réunion gouvernementale la semaine prochaine pour discuter des groupes d'action violente.

L'hommage a été organisé par Aliette Espieux, ancienne porte-parole du mouvement anti-avortement et proche de plusieurs mouvements d'extrême droite, qui se présente comme une « amie » de Quentin Deranque. Elle a redit vouloir un « hommage pacifique », tout en regrettant que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, ait demandé à ses membres de ne pas y participer. Aliette Espieux a également averti : « S'il n'y a pas la justice qui est faite ou si elle est rendue impossible à cause du délai pris par la justice, on passera de la colère à la vengeance ».

Un dispositif de sécurité impressionnant et des incidents ailleurs en France

Pour prévenir les débordements, le ministère de l'Intérieur a déployé plusieurs compagnies républicaines de sécurité, des escadrons de gendarmerie mobile, et des policiers nationaux d'autres départements. Deux drones surveillent les mouvements de foule, et un arrêté interdit tout rassemblement dans un large périmètre. La région Auvergne-Rhône-Alpes a affiché un large portrait de Quentin Deranque sur sa façade.

Avant le départ du cortège, un hommage a été rendu dans l'église traditionaliste Saint-Georges, fréquentée par le jeune homme. Laurent, un de ses amis, y a participé pour « défendre sa mémoire » dans le cadre « où Quentin s'exprimait le plus intensément, à savoir l'église catholique et le rite traditionnel ».

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Ailleurs en France, des contre-manifestations ont eu lieu. À Rennes, une centaine de personnes ont rendu hommage à Quentin Deranque, face à près de 300 contre-manifestants déployant une banderole disant « on ne pleure pas les nazis ». Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour bloquer certains manifestants. À Saint-Brieuc, en Bretagne, la contre-manifestation antifa a réuni plus de monde que l'hommage (150 personnes contre 100). Jeudi soir, sept hommes, dont deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, fondateur du mouvement d'ultragauche dissous La Jeune Garde, ont été mis en examen pour homicide volontaire ou complicité.