Hommage poignant à Oussama, sans-abri décédé à Montpellier : sa famille brise les clichés
Hommage à Oussama, sans-abri décédé à Montpellier

Un hommage émouvant pour Oussama, sans-abri décédé à Montpellier

Ce samedi 28 mars, un moment de recueillement poignant s'est déroulé rue d'Argencourt à Montpellier, à l'endroit exact où Oussama, un Montpelliérain sans domicile fixe, a été retrouvé sans vie il y a un an. Sa fille Nour, 16 ans, et son ex-épouse Leslie ont organisé cette cérémonie intime, entourées de proches et de bénévoles, pour honorer la mémoire d'un homme qui a succombé à des conditions de vie précaires.

« Rendons-lui un hommage aussi beau et digne qu'il était »

« Oussama ne voulait pas que l'on connaisse sa situation. Il l'a cachée à nous, sa famille. Rendons-lui un bel hommage, aussi beau et digne qu'il était », a déclaré Nour, la voix empreinte d'émotion. Leslie, son ex-femme, a ajouté : « Pour lui, se plaindre, ça n'existait pas. Il demandait l'aide minimum. Il n'a pas eu conscience de son danger. »

Le trentenaire d'origine tunisienne, décédé de mort naturelle selon les conclusions, fréquentait régulièrement la Halte solidarité du quai du Verdanson, à quelques pas du lieu où son corps a été découvert. Jacques, bénévole sur place, se souvient : « Il était assez fermé vis-à-vis des bénévoles et des autres bénéficiaires. C'était un homme très soucieux de sa dignité. »

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Un appel à briser les préjugés sur les sans-abri

À travers cet hommage, Leslie et Nour souhaitent sensibiliser l'opinion publique à une réalité souvent méconnue. « Les personnes qui sont à la rue ont aussi une famille, des gens qui les aiment. Elles ne sont pas toujours en rupture », insiste Leslie. Monique, une autre bénévole de la Halte solidarité, abonde : « On trouve parmi elles des gens instruits, qualifiés. On peut tomber dans la précarité à la suite d'une dépression, d'une faillite, d'un divorce. »

L'hommage a également été marqué par la présence de membres du Collectif citoyen contre le sans-abrisme, récemment créé à Montpellier. Gilles, l'un de ses membres, s'interroge : « Comment est-il possible qu'on ait dû réaliser des analyses ADN pour l'identifier, alors qu'Oussama avait ses papiers à la Halte solidarité toute proche ? »

Une mort qui révèle les failles du système

La disparition d'Oussama met en lumière les conditions de survie extrêmes auxquelles sont confrontées les personnes sans domicile fixe. « Apprendre sa mort a été un gros choc. On a du mal à accepter qu'il soit décédé si près de la halte. On est frustrés de se dire qu'on n'était pas loin », confie Monique, la tristesse palpable dans la voix.

Le Collectif citoyen contre le sans-abrisme, contacté par la famille d'Oussama après une action place de la Comédie, dénonce le nombre de sans-abri décédés dans la rue à Montpellier en 2025. « Notre objectif est de sensibiliser les Montpelliérains aux conditions de survie dans la rue, qui peuvent amener jusqu'à la mort », explique Gilles. Le collectif pointe également du doigt les autorités locales, soulignant que « de nombreux lieux vacants existent, au niveau de la Ville, de la Métropole et du Département, qui permettraient de mettre à l'abri des personnes ».

Un deuil compliqué par les démarches administratives

La douleur de la famille a été amplifiée par les difficultés administratives rencontrées pour le rapatriement du corps d'Oussama en Tunisie, où il est désormais enterré. Cet hommage, simple et digne, avec des fleurs et des ballons blancs, a permis à ses proches de commencer un processus de deuil tout en lançant un message fort sur la nécessité de regarder les sans-abri avec humanité et sans préjugés.

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