Joinville-le-Pont rend un hommage émouvant à Bruno Salomone
Hommage émouvant à Bruno Salomone à Joinville-le-Pont

Une foule rassemblée pour un dernier adieu à Bruno Salomone

"Avant que tu partes, je voudrais te dire que tu vas pas me manquer". Ces mots, prononcés par la voix familière de Bruno Salomone, résonnent dans le haut-parleur niché au-dessus de l'entrée de l'église Saint-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Le public s'est massé devant la porte, dans la cour du lieu de culte et le long de l'avenue Oudinot, faute de places suffisantes à l'intérieur.

Un hommage populaire pour un artiste discret

Quelques minutes avant le début des obsèques, les anonymes ont été informés que les proches de Bruno Salomone étaient venus en nombre lui rendre hommage, rendant l'accès à l'église plus difficile. Mais cela n'a pas découragé la foule. En dehors d'une poignée de personnes regrettant de ne pas être venues "deux heures plus tôt", et quelques autres jouant des coudes pour accéder à la cour, la majorité n'était pas venue pour voir, mais pour ressentir.

"C'était important car on l'a toujours suivi, il nous faisait rire. Ça nous tenait à cœur d'assister à son départ, même de loin", confient Louisette et Pascal, habitants de Champigny-sur-Marne, "la ville à côté". Ceux que nous avons rencontrés sont unanimes : ils voulaient célébrer cet humour singulier et cet artiste "simple, discret et généreux".

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Une cérémonie entre rires et larmes

La cérémonie débute sur des chants gospel, accompagnant le cercueil jusqu'à la nef sous les applaudissements du public. Puis la voix de Bruno Salomone retentit à nouveau dans le haut-parleur. Son humour "singulier" et "décapant", comme le soulignent plusieurs anonymes venus le célébrer, provoque à la fois des rires et des larmes.

"Je suis très touché d'être reconnu par la profession", poursuit la voix enregistrée de l'artiste. Nathalie, une amie du comédien, souligne l'importance de ce moment : "Je l'ai connu à ses débuts, quand il était animateur au Club olympique, il y a plus de 30 ans". Elle rappelle que l'interprète d'Igor d'Hossegor "doutait toujours un peu de sa légitimité", rendant d'autant plus significatif ce recueillement entre proches et public.

Les Nous Ç Nous réunis pour leur compagnon

Puis les Nous Ç Nous prennent le relais, à commencer par Jean Dujardin. "Mon Bruno… On n'a pas envie de te dire au revoir. J'ai l'impression qu'on n'est pas les seuls. Il y a du monde dehors", débute l'acteur oscarisé, visiblement submergé par l'émotion. Il évoque leurs débuts dans la fameuse Bande du Carré Blanc, aux côtés d'Eric Massot, Manu Joucla et Eric Collado : "On était cinq Nous Ç Nous, on restera cinq Nous Ç nous, et même 6, avec Audrey, ta femme".

La troupe fait partie des nombreuses célébrités venues assister à ces obsèques, parmi lesquelles Valérie Bonneton, Guillaume de Tonquédec, Jean-Luc Reichmann, Cali ou Bruno Solo.

Un dernier hommage "beau" et "touchant"

Les hommages de ses proches se succèdent, toujours entre rires et intenses émotions, faisant référence à sa discrétion, sa générosité, sa simplicité - des mots qui reviennent constamment. Avec un sourire en coin, des références sont faites à la misophonie, le trouble dont souffrait l'acteur, et bien sûr au… cochon d'Inde, véritable fil rouge de ces obsèques.

"Prions pour les cochons d'Inde", lance l'un de ses intimes pendant la cérémonie religieuse. Puis un membre de sa famille décrit "le dernier projet" qu'ils avaient en commun, lisant un scénario forcément perché basé sur… un cochon d'Inde. Ces petites doses d'humour étaient nécessaires, presque indispensables, pour ne pas s'effondrer, et surtout parce que c'était dans l'esprit de Bruno Salomone.

La simplicité d'un artiste aimé

A l'issue de la cérémonie, alors que le cortège pénètre dans le cimetière de la commune, Louisette et Pascal confirment : "Ça nous a touchés en plein cœur. Cet hommage était beau, c'était touchant. Même si on ne le côtoyait pas, ça nous a fait pleurer".

Guillaume, ami de longue date de l'acteur de Fais pas ci, fais pas ça, témoigne : "Je fais de la musique, il m'a sollicité pour l'un de ses spectacles, Euphorique. C'était un soleil ce mec. Il était tellement simple, généreux, drôle, aimé, et ça se vérifie aujourd'hui avec cet hommage".

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Une injustice ressentie par tous

Tous les gens que nous avons croisés, comme Guy et Philippe Alexandre, tiennent le même discours. Celui d'anonymes venus dire au revoir à celui "qui a marqué [leur] jeunesse" de son "humour unique", et de cette "simplicité" que tous ne cessent de saluer. Et puis, il y a bien évidemment cette "injustice" d'un homme "parti bien trop tôt", que chacun évoque avec une voix chancelante.

"On ne s'y attendait pas, c'est d'autant plus triste, et c'est aussi pour ça que je suis venu", ajoute Guy, résumant le sentiment général.

Un dernier clin d'œil de l'artiste

Eric Collado, avec son accent chantant et ensoleillé, aurait pu avoir le fin mot de la cérémonie : "Ne fais pas ta graine de star, on te connaît, tu es déjà notre étoile", lance-t-il, entre deux boutades. Mais une anecdote, toujours entre humour et émotion, a particulièrement marqué les esprits.

Peu de temps avant sa disparition, l'un de ses proches avait demandé à Bruno Salomone de ne pas oublier de lui faire des signes de temps en temps. "Avec son œil rieur", l'acteur lui avait répondu : "Si vous voyez un mec chauve à lunettes se prendre un cochon d'Inde en pleine tête, ça sera moi". Un dernier trait d'humour pour saluer le départ d'un artiste unique.