Hollande : l'attentat de Nice comparable au 13-Novembre
Hollande : Nice comparable au 13-Novembre

Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, l'ancien président de la République François Hollande livre ses souvenirs et ses réflexions sur cette tragédie qui a fait 86 morts et des centaines de blessés. Dans un entretien, il affirme que « Nice fait partie des attentats les plus meurtriers » et qu'« en termes d’ampleur, c’est un drame comparable au 13-Novembre ».

Le choc de l'annonce et la gestion de crise

François Hollande se souvient précisément du moment où il a appris l'attaque. Il était à Avignon, devant assister à une pièce de la Comédie-Française. « Je suis averti qu’un camion a renversé des dizaines de spectateurs sur la promenade des Anglais. Je ne sais pas encore l’ampleur de la tragédie, mais je mesure vite que cet acte a un caractère terroriste », confie-t-il. Il contacte immédiatement le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et le Premier ministre Manuel Valls pour coordonner la réponse. « On ne dort pas. Il n’est pas possible de dormir », ajoute-t-il, décrivant les nuits suivant le drame.

Un terrorisme devenu « imprévisible »

Pour Hollande, l'attentat de Nice a marqué un tournant dans la menace terroriste. « Après Charlie Hebdo et le 13-Novembre, nous avions connu un printemps marqué par une accalmie. Mais nous savions que des actes individuels pouvaient être commis », explique-t-il. L'utilisation d'un camion comme arme par destination, méthode qui s'est reproduite dans d'autres pays, illustre la difficulté de déjouer ces attaques. « L’individu était isolé au sens où il n’appartenait pas à un groupe terroriste identifié, même s’il était radicalisé. Ce sont les attentats les plus difficiles à déjouer », souligne-t-il.

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L'hommage et la mémoire des victimes

Trois mois après le drame, François Hollande a présidé une première cérémonie d'hommage sur la colline du Château à Nice. « C’est le visage des survivants qui reste gravé dans ma mémoire », dit-il, évoquant les mères, sœurs, maris de toutes nationalités. Il se rappelle aussi la chanson « Utile » de Julien Clerc qui l'a ému aux larmes. Interrogé sur le sentiment d'abandon des victimes niçoises, il répond : « Au regard de l’ampleur, du nombre de victimes, Nice fait partie des attentats les plus meurtriers que la France ait connus. En termes d’ampleur et de signification, c’est un drame comparable au 13-Novembre. »

La polémique et l'unité nationale

Hollande revient sur les polémiques qui ont rapidement suivi l'attentat, notamment sur la sécurisation de la promenade des Anglais. « La seule réponse que nous devons avoir face à un attentat, c’est la cohésion et l’unité », affirme-t-il. Il critique les attaques contre Bernard Cazeneuve : « Je n’ai jamais admis que puisse être mis en cause l’État à travers Bernard Cazeneuve – ce qui était tout à fait insupportable et injuste – car il avait fait son devoir comme ministre de l’Intérieur. »

La guerre contre le terrorisme

Dix ans après, l'ancien président estime que « la bataille, nous l’avons gagnée, le terrorisme islamiste organisé a sombré », mais il prévient que des groupes restent mobilisés contre la liberté, la laïcité et la démocratie. Il confirme sa présence à la cérémonie d'hommage prévue à Nice, invité par le maire. « Je m’associerai à la douleur des victimes, et à la mémoire douloureuse qui demeure », conclut-il.

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