De la honte à la plage au titre de Mister France Méditerranée
Christophe Molines, un jeune Gardois de 26 ans, incarne aujourd'hui une revanche sur la vie. Élu Mister France Méditerranée, il s'apprête à concourir pour le titre national le 17 janvier 2026. Pourtant, son adolescence a été marquée par un harcèlement intense lié à son surpoids, au point qu'il déclare : "Je n'osais plus me mettre torse nu à la plage". Son parcours symbolise un combat personnel contre l'intimidation, alors qu'une étude récente révèle que près de quatre enfants sur dix sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement.
Des moqueries au collège qui ont ébranlé sa confiance
Le harcèlement a débuté au collège, en pleine période d'adolescence. "Mes camarades se moquaient de moi car j'étais en surpoids", confie Christophe Molines. Bien qu'il ait tenté de banaliser cette situation, les impacts psychologiques ont été profonds. La perte de confiance en soi a été particulièrement sévère, affectant même ses comportements estivaux. Le soutien familial a été crucial, mais il n'a jamais consulté de thérapeute, préférant compter sur le cercle familial proche.
Le sport comme thérapie et transformation physique
L'entrée au lycée a marqué un tournant. La pratique intensive du sport a joué un rôle déterminant dans sa reconstruction mentale. Christophe s'est adonné à la moto en compétition et au football, des activités qui lui ont inculqué la persévérance. "Le sport m'a aidé sur le plan mental parce qu'il apprend à ne pas lâcher la compétition", explique-t-il. À 18 ans, il a débuté la musculation, transformant progressivement son corps et apprenant à s'accepter.
Une victoire inattendue et un message d'espoir
C'est sur l'initiative d'amis que Christophe Molines s'est inscrit au concours Mister France Méditerranée, sans s'attendre à remporter le titre. Cette reconnaissance représente une belle revanche sur les années difficiles. "Ça a été un combat. C'est une belle revanche", affirme-t-il, tout en reconnaissant que la confiance en soi reste un travail quotidien. Son message aux jeunes victimes de harcèlement est clair : croire en ses rêves, ne pas lâcher, et surtout parler de son mal-être plutôt que de le garder pour soi.
Le cyberharcèlement : un fléau grandissant chez les jeunes
Le témoignage de Christophe Molines résonne avec les données alarmantes publiées par l'association e-Enfance. Le 4e baromètre annuel révèle que 37% des jeunes de 6 à 18 ans sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement, principalement en milieu scolaire. Plus inquiétant encore, 35% de ces jeunes sont touchés dès l'école primaire, un chiffre en augmentation de 11 points en un an. L'étude souligne que WhatsApp est devenu le "théâtre privilégié" du cyberharcèlement, concentrant 41% des cas.
Une détresse psychologique profonde
Les conséquences du harcèlement sont graves : un quart des jeunes victimes ont déjà pensé au suicide ou à l'automutilation, une proportion qui atteint plus d'un tiers chez les jeunes filles lycéennes. L'exposition précoce aux réseaux sociaux aggrave les risques, avec 65% des enfants en primaire les utilisant malgré l'interdiction avant 13 ans. Face à cette situation, Christophe Molines insiste sur l'importance du dialogue et du soutien, tout en rappelant que le harcèlement n'est jamais acceptable.
Alors qu'il se prépare pour la finale de Mister France, où le public pourra voter à partir du 15 décembre, Christophe Molines reste humble : "Il y a des candidats beaucoup plus confiants que moi…". Pourtant, son parcours du harcèlement à la reconnaissance publique offre un puissant message d'espoir pour toutes les victimes d'intimidation.



