Le 19 juin 2026, Cristina Ramos, 18 ans, en fauteuil roulant, devait participer au jury du prix Livre d'Azur, un concours littéraire organisé par le conseil départemental au palais des rois sardes à Nice. Mais elle est restée bloquée au pied des escaliers, le bâtiment n'étant pas aux normes PMR (personne à mobilité réduite).
Un accès refusé malgré les promesses
« J'avais lu les livres en compétition. Je m'étais investie… Et je me suis retrouvée à devoir abandonner le fruit de mon travail, à ne pas pouvoir parler avec l'auteur sélectionné, à ne pas pouvoir profiter du déjeuner avec tout le monde », s'indigne-t-elle. L'entrée du bâtiment se fait par des marches. « J'ai dû presque me battre avec la personne de l'accueil pour qu'on me sorte une petite rampe afin de ne pas rester en plein soleil toute la matinée et pouvoir au moins être dans le hall », raconte-t-elle.
Elle a demandé à accéder à la cérémonie, mais on lui a répondu que le palais, classé au patrimoine, ne pouvait pas installer d'ascenseur. Puis, on lui a indiqué qu'il y en avait un : « Il y a un ascenseur présidentiel, privé », a-t-on affirmé à Cristina Ramos. Selon elle, cette réponse témoigne « d'un véritable mépris pour les personnes à mobilité réduite, qui sont, encore une fois, privées de la culture qui est censée être ouverte à tous ».
Des propositions inacceptables
On lui a finalement proposé d'emprunter un ascenseur montant uniquement au premier étage et de « tendre l'oreille pour, peut-être, entendre les échos de la cérémonie » à l'étage supérieur. Cristina a refusé, « blessée par une telle proposition ». Une autre suggestion a été de la porter jusqu'à la salle, mais elle souffre de la maladie des os de verre et ne pouvait pas risquer une chute.
Elle est donc restée au pied du grand escalier de marbre, brandissant des affichettes : « L'inclusion ne se proclame pas ! », « Anti-validisme ! » et « All for inclusivity ». « Des gens sont venus me voir, touchés par la situation », sourit-elle.
Une réaction jugée insuffisante
Elle qualifie la réaction du conseil départemental d'« écœurante ». « Dire qu'ils verront cela l'année prochaine, ce n'est pas résoudre ou reconnaître le problème, c'est l'ignorer, faire comme si ce prix n'existait pas depuis maintenant treize ans ! » s'insurge-t-elle. Elle refuse de se taire : « Je porterai ma voix autant que possible pour que les prochains jurés puissent accéder à leurs cérémonies dans les années à venir, pour qu'enfin les gens essaient d'ouvrir les yeux sur à quel point une rampe ou un ascenseur peuvent vraiment tout changer ».
La réponse du conseil départemental
Sollicité, le conseil départemental répond : « Le palais des rois sardes n'est pas un équipement ouvert au public. Il accueille ponctuellement des événements dans les conditions propres à cet édifice historique. Inscrit et partiellement classé au titre des monuments historiques, il est soumis à des contraintes patrimoniales fortes avec un encadrement strict des éventuelles modifications structurelles qui ne permettent pas en l'état une accessibilité complète sans porter atteinte à l'intégrité du bâtiment ».



