Dans le box des prévenus qu'il partage avec un homme d'une trentaine d'années au lourd casier judiciaire, Hacène Larbi ressemble à un adolescent dissipé, provocateur, charmeur et très inquiétant. Fine moustache, cheveux bouclés et silhouette élancée, il s'affale sur sa chaise, bâille aux corneilles, interrompt la présidente, scrute la salle d'audience à la recherche de visages familiers, en hypervigilance dès qu'il entend la porte claquer.
Puis se relève d'un coup pour asséner ses vérités et scander ses messages auprès de la 35e chambre correctionnelle de Paris où il est jugé jusqu'à mercredi pour son rôle présumé de commanditaire dans une tentative ratée d'assassinat. C'était en juin 2023 à Marseille. L'exécutant, âgé de seulement 17 ans, avait été empêché de passer à l'action grâce à l'intervention fortuite d'un passant, sans lien avec la cible qui, d'ailleurs, n'a jamais été clairement identifiée.
Hacène Larbi, dit le H, se définit comme un électron libre du crime organisé, dénué selon les experts de toute empathie. Il a construit un réseau de recrutement de jeunes adolescents pour des missions criminelles, se présentant comme une sorte d'autoentrepreneur du crime. Son itinéraire, d'enfant perdu à recruteur de tueurs, illustre une dérive inquiétante dans les milieux de la délinquance juvénile.
Le procès, qui doit durer jusqu'à mercredi, explore les mécanismes de cette tentative d'assassinat avortée. Les enquêteurs tentent de comprendre comment un individu sans empathie a pu convaincre un mineur de commettre un meurtre. La défense de Hacène Larbi reste à déterminer, mais le prévenu semble jouer la carte de la provocation et du cynisme, affirmant n'être qu'un intermédiaire dans un monde où la violence est monnaie courante.



