Six ans après des faits d'une particulière brutalité, le tribunal correctionnel de Toulon a rendu son verdict dans une affaire d'extorsions commises via de fausses annonces en ligne. Sami A., aujourd'hui âgé de 24 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Il était le seul des quatre prévenus à comparaître devant la juridiction correctionnelle, les trois autres, mineurs au moment des faits, relevant de la justice pour enfants.
Des actes d'une violence inouïe
Les faits remontent au début du mois de décembre 2020. Le 3 décembre, deux individus donnent rendez-vous à un jeune homme au pied d'un immeuble de Six-Fours, sous prétexte d'une transaction pour une console PlayStation mise en vente sur Leboncoin. À son arrivée, les deux hommes, cagoulés, le forcent à pénétrer dans le hall, le rouent de coups et lui dérobent les clés de son véhicule. Sami A., qui attendait en bas de l'immeuble, est reparti avec ses complices à bord de la BMW subtilisée.
Trois jours plus tard, le même équipage récidive. Le rendez-vous est fixé sur le parking d'un supermarché Intermarché à Toulon, toujours via une fausse annonce en ligne, cette fois pour un téléphone portable. Le vendeur, accompagné de sa compagne, est victime d'un véritable guet-apens : l'homme est frappé, la jeune femme est gazée par les faux acheteurs cagoulés. Le couple est contraint de monter dans la BMW volée et de conduire ses agresseurs jusqu'à son domicile, où des bijoux et 3 000 euros en liquide sont dérobés. La présidente du tribunal, Marie-Laure Arnouil, a qualifié les faits d'« enlèvement suivi d'une séquestration ».
Des excuses et un changement de vie
À la barre, Sami A. a minimisé son implication, évoquant une « erreur de jeunesse » et de mauvaises fréquentations. « Je n'ai pas trop cherché à comprendre. J'étais jeune, j'avais de mauvaises fréquentations », a-t-il déclaré. Il a néanmoins présenté ses excuses aux victimes : « Savoir que j'ai fait ça, ça me travaille encore. Aujourd'hui, j'aimerais dire aux victimes que je suis désolé. »
Son avocate, Me Charline Gaia, a plaidé la réinsertion, soulignant que son client n'avait plus jamais fait parler de lui depuis les faits. « Il est aujourd'hui père de famille et a créé une société avec sa compagne. Ce sont des faits extrêmement anciens. Ce n'est plus le même individu », a-t-elle insisté.
Une peine avec sursis
Le tribunal a finalement tenu compte de ce changement de trajectoire et a condamné Sami A. à deux ans de prison avec sursis. Une peine qui reflète à la fois la gravité des actes commis et la volonté de donner une chance à un jeune homme qui semble s'être réinséré dans la société.



