Guerre des clans à Nîmes : le scénario d'un match retour mal ficelé
Guerre des clans à Nîmes : match retour mal ficelé

Au deuxième jour du procès à Marseille pour association de malfaiteurs, qui met en cause sept protagonistes, principalement nîmois mais aussi marseillais, soupçonnés d'avoir projeté l'élimination d'un prétendant au contrôle du point de deal de Pissevin, les contours d'une guerre d'influence se précisent. Malgré les trous de mémoire de Claude P., le tribunal judiciaire de Marseille semble avoir de moins en moins de doutes sur un projet criminel visant le dénommé "Boun's", l'un des nombreux prétendants au contrôle du point de deal nîmois du quartier Pissevin.

Un commando armé stoppé par la BRI

Au deuxième jour de ce procès pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", Claude P. maintient avoir accepté une mission de transport d'armes, reconnaît être impliqué dans un trafic de stupéfiants, mais nie obstinément avoir eu connaissance d'une quelconque action violente contre un clan rival. Pourtant, c'est bien un commando lourdement armé que la BRI (brigade de recherche et d'intervention) a intercepté le 7 février 2023 à Ribaute-les-Tavernes (Gard). Trois véhicules de location ou volés, avec à leur bord des individus cagoulés et gantés, tournaient depuis deux bonnes heures dans le secteur, alternant "coups de sécurité" matérialisés par des séries de tours de ronds-points et des ribambelles d'accélérations suivies de ralentissements. Ce ballet erratique s'expliquerait par la recherche infructueuse de l'aîné des frères M'T., alias "Boun's", lequel, ayant eu vent qu'on était à ses trousses, avait pris soin de ne pas se trouver dans les parages où l'on risquait de le traquer.

Le scénario d'un match retour

Outre un contexte de règlements de comptes lié à des affrontements violents entre différents clans pour le contrôle des points de deal nîmois, notamment la Galerie Wagner à Pissevin et le quartier Valdegour, le tribunal s'interroge sur la logistique complexe mise en œuvre en février 2023 : location de villa, utilisation de véhicules volés, communication via des messageries cryptées. Il s'intrigue également des nombreuses écoutes téléphoniques glanées par les enquêteurs dans les cellules sonorisées des prévenus après ce coup de force raté et leur incarcération. Derrière les retranscriptions laborieuses de conversations dans lesquelles il est question de "guitares" pour désigner des armes de guerre, que le président Nguyen s'emploie à décrypter, se dessine le scénario d'un "match retour" destiné à venger Taoufic A., alias "TFK".

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Ambiance tendue dans le box des prévenus

À bonne distance de Claude P. dans le box des prévenus, "TFK" cache mal le ressentiment qui anime les anciens alliés devenus meilleurs ennemis. Peu avant les faits, TFK aurait été lui-même menacé par les frères Boun's, vraisemblablement inquiets d'une tentative d'assassinat perpétrée contre le grand frère en décembre 2022 à Vergèze (Gard). Mais dans le box vitré, comme la veille, les mémoires sont chancelantes. Alla Eddine K., alias "Aladin", invoque la consommation d'alcool et de protoxyde d'azote pour justifier "des trous noirs" ce fameux soir du 7 février 2023. Le parquet, lui, compte prononcer son réquisitoire dès ce mercredi après-midi 1er octobre.

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