Deux gendarmes ont été mis en examen pour homicide involontaire dans l'affaire de la mort de Claude Jean-Pierre, un homme de 49 ans décédé le 20 juillet dernier à Pointe-Noire, en Guadeloupe. L'information a été confirmée par le parquet de Basse-Terre, qui a précisé que les deux militaires ont été placés sous contrôle judiciaire.
Les circonstances de l'interpellation
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 juillet, lors d'une intervention des forces de l'ordre à Pointe-Noire, une commune située sur la côte sous-le-vent de la Guadeloupe. Selon les premiers éléments de l'enquête, les gendarmes sont intervenus pour un différend familial. Sur place, ils ont été confrontés à un homme qui, selon le parquet, aurait refusé d'obtempérer et aurait tenté de s'enfuir.
Au cours de l'interpellation, un des gendarmes a fait usage de son arme à impulsion électrique, un Taser. Claude Jean-Pierre, qui présentait un état d'agitation, a été neutralisé puis menotté. Peu de temps après, il a fait un arrêt cardiaque. Malgré l'intervention des secours, il est décédé sur place.
Une enquête pour déterminer les responsabilités
L'autopsie pratiquée sur le corps de la victime a révélé que la mort était due à un arrêt cardio-respiratoire, sans que le lien direct avec l'usage du Taser soit formellement établi à ce stade. L'enquête, confiée à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), devra déterminer les circonstances exactes du décès et évaluer la proportionnalité de l'usage de la force.
Les deux gendarmes mis en examen, un major et un gendarme adjoint, ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils encourent une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour homicide involontaire. Le parquet de Basse-Terre a également demandé une reconstitution des faits, qui devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.
La famille de la victime demande des réponses
La famille de Claude Jean-Pierre, qui a déposé plainte, a exprimé son émotion et sa colère. Me Jean-Marc Gervais, avocat de la famille, a déclaré : « Nous attendons de la justice qu'elle fasse toute la lumière sur les conditions de cette interpellation. Rien ne justifie la mort de cet homme. » Il a également demandé que les gendarmes soient suspendus de leurs fonctions, une demande qui n'a pas encore été suivie d'effet.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes en Guadeloupe autour des violences policières. En 2023, plusieurs manifestations avaient eu lieu après la mort d'un jeune homme lors d'une intervention de gendarmerie. Les associations locales de défense des droits réclament une réforme des procédures d'interpellation et un encadrement plus strict de l'usage du Taser.
Une procédure qui suit son cours
La mise en examen des deux gendarmes ne constitue pas une déclaration de culpabilité, mais elle permet à la justice de poursuivre l'enquête dans le cadre d'une instruction. Le juge d'instruction devra décider, à l'issue de l'enquête, s'il y a lieu de renvoyer les intéressés devant le tribunal correctionnel ou de prononcer un non-lieu.
En attendant, la famille de la victime attend que la vérité soit établie. Une marche blanche est prévue samedi prochain à Pointe-Noire pour rendre hommage à Claude Jean-Pierre et demander que justice soit faite.



