Grève à l'hôpital de Brignoles : 80 agents dénoncent le sous-effectif
Grève à l'hôpital de Brignoles : 80 agents en colère

Près de 80 agents du Centre hospitalier intercommunal Brignoles-Le Luc (CHIBLL) se sont mobilisés ce jeudi 9 juillet 2026 pour dénoncer leurs conditions de travail. Rassemblés sous le préau de l'hôpital Jean-Marcel à Brignoles, ils ont répondu à l'appel du syndicat Sud Santé, qui déplore un sous-effectif chronique et des mesures jugées inadaptées de la direction.

Une grève perlée pour maintenir la prise en charge des patients

Fabien Olivero, secrétaire du syndicat Sud Santé du CHIBLL, a précisé qu'il s'agit d'une grève perlée : « Nous avons l'obligation et le devoir de maintenir la prise en charge des patients dans les différents services de l'hôpital. » Il espère que cette mobilisation « fera bouger les choses ».

Le syndicaliste a dénoncé le manque d'anticipation de la direction : « Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est pour dénoncer le sous-effectif, le non-remplacement des arrêts de travail, et le manque cruel de renforts pour la période estivale. La direction n'a rien anticipé et nous propose, à la place, des mesures complètement inadaptées. »

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Une politique de remplacement jugée insuffisante

Fabien Olivero a notamment critiqué la politique imposée par le DRH : « Un seul remplacement pour trois agents absents. Déjà que nous sommes très peu dans de nombreux services, travailler convenablement devient quasiment impossible, surtout aujourd'hui avec l'épisode de fortes chaleurs qui surcharge les hôpitaux. »

Il a également pointé du doigt l'attitude des cadres, qu'il juge « trop éloignés du terrain » et « extrêmement passifs ». Selon lui, depuis 2018, l'activité de l'hôpital a augmenté de 30 % sans qu'aucune revue des effectifs n'ait été proposée par le directeur et ses adjoints.

Un ras-le-bol généralisé du personnel

Une semaine après la mobilisation organisée par Force Ouvrière (FO) devant l'Ehpad du Luc le 29 juin dernier, Fabien Olivero a alerté sur le « ras-le-bol » du personnel médical : « Il faut savoir que l'hôpital de Brignoles n'est pas un établissement qui se met facilement en grève, mais aujourd'hui, tout le monde est à bout et il fallait qu'on dise stop. Parfois, certains patients attendent 5 à 6 heures sur un brancard : c'est absolument inadmissible. Pour autant, nous n'allons pas abandonner ni tout laisser tomber. »

La direction entend les revendications et cherche des solutions

Damien Flourez, directeur général du CHIBLL, a reconnu la nécessité de dialogue : « J'entends ce besoin de dialogue et je comprends totalement les personnes qui sont allées manifester. Nous avons pu discuter il y a quelques jours avec les syndicats et les échanges ont été constructifs. C'est déjà un bon début. »

Il a toutefois estimé « très complexe » de répondre au problème du manque d'effectifs : « On a du mal à recruter du nouveau personnel car le secteur hospitalier souffre d'une perte d'attractivité. Nous faisons face à un contexte difficile et actuellement, nous n'avons pas forcément les moyens de répondre à toutes les demandes, mais nous essayons de faire au mieux. »

Pour améliorer les conditions de travail, la direction propose des aménagements : « Nous avons décidé de réadapter les horaires de travail pour que nos agents puissent concilier au mieux vie professionnelle et vie personnelle. C'est difficile mais nous voulons trouver des solutions pour sortir de la crise. »

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