Gérald Marie, l'ancien patron de l'agence de mannequins Elite, devenu le dernier suspect vivant du volet français de l'affaire Jeffrey Epstein, a accordé une interview à RTL dans laquelle il nie fermement toutes les accusations de viols portées contre lui. Il affirme n'avoir « jamais violé personne » et se dit confiant quant à l'issue des procédures.
Un silence brisé face aux plaintes
Gérald Marie, âgé de 76 ans et installé à Ibiza avec son épouse, n'avait pas encore été entendu par la police ou la justice dans le cadre de l'enquête ouverte après la publication des « Epstein Files ». Il a toutefois choisi de prendre la parole pour la première fois, contestant l'ensemble des accusations qui pèsent sur lui.
« Elles peuvent aller devant toutes les justices, dire qu'elles veulent, il n'y aura rien », a-t-il confié, affirmant n'avoir rien à craindre ni de la justice ni des plaignantes. Il a également déclaré : « J'ai toujours eu un comportement cohérent et correct avec les femmes. J'adore les femmes ». Et d'ajouter : « Je n'ai jamais ni violé personne, ni eu le besoin de violer personne ».
Une relation « consentie » avec Carré Otis
Pour illustrer son propos, Gérald Marie évoque sa relation avec la mannequin américaine Carré Otis, qui l'accuse de viols et d'agressions sexuelles. Il qualifie cette relation de « consentie », alors que celle-ci s'est déroulée dans les années 80, alors que Carré Otis n'avait que 17 ans. « Ce n'est pas la Carré [qu'il] connaît », a-t-il déclaré.
L'ancien Golden-boy de l'agence Elite revient également sur sa rencontre avec Jeffrey Epstein, qui a conduit à sa citation dans les Epstein Files. Il décrit le financier américain comme « un beau mec, charmant, bien élevé, bien éduqué », précisant que leur rencontre avait eu lieu avant la condamnation d'Epstein en 2006 à New York. Selon lui, la proposition de collaboration professionnelle d'Epstein n'a pas abouti : « On a été approchés, on nous a proposé un rendez-vous dans son hôtel particulier à New York. On s'y est rendu, on a discuté, on a envisagé la possibilité de faire quelque chose. On a eu des échanges de construction de ce nouveau bureau et puis on s'est rendu compte, chemin faisant, ce n'était pas pour nous, on n'a pas fait. Tout simplement. » Il affirme ne l'avoir jamais revu par la suite.
L'avocate invoque la prescription
Me Céline Bekerman, l'avocate de Gérald Marie, a également pris la parole au micro de RTL. Elle a déclaré : « Ce que les plaignantes ne semblent pas avoir compris, c'est qu'on ne juge pas une époque. On ne juge pas un symbole, on ne juge pas une décennie, on juge une personne à raison des faits qu'elle a commis. Alors on ne devient pas coupable par contamination. »
Elle a également souligné que son client avait déjà été entendu dans le cadre d'une enquête préliminaire, classée sans suite, et qu'il avait « confiance en la justice de notre pays ». Elle a rappelé le principe de prescription : « On ne peut pas poursuivre des faits, outre qu'ils ont toujours été contestés, qui remontent aux années 80. C'est un principe élémentaire. Il y a la prescription qui empêche de poursuivre ces faits. »
Un contexte d'assignation de l'État
Cette prise de parole intervient alors que l'État français est assigné en justice pour « inaction » et « lenteur » dans le traitement des plaintes liées à l'affaire Epstein. Ebba Karlsson, ex-mannequin suédoise, accuse de viol Daniel Siad, un rabatteur présumé de Jeffrey Epstein, retrouvé mort fin juillet à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine). Elle a déclaré sur BFMTV : « Il y avait l'opportunité de l'entendre, mais rien n'a été fait pendant des mois ». L'association Innocence en danger a également assigné l'État au nom des victimes potentielles de l'Américain.



