Gérald Dupuy, un policier entre réalité et fiction
Gérald Dupuy, habitant de Prignac-et-Marcamps en Gironde, mène une double vie fascinante. Ce fonctionnaire de police de 49 ans, entré dans la profession en 1997, est également un figurant et conseiller technique reconnu pour des séries et films policiers. Il avoue lui-même une statistique éloquente : dans sa carrière réelle, il n'a assisté qu'à « une seule scène de crime », tandis que sur les plateaux de tournage, il en a vécu « des centaines ».
Une vocation policière et une passion pour le théâtre
Installé avec sa famille dans le Bourgeais depuis 2012, Gérald Dupuy considère son métier de policier comme une véritable vocation, animée par le goût du service public. Après avoir passé le concours de gardien de la paix, il a été muté en région parisienne pour une quinzaine d'années, où il a intégré police secours, ces « bleus » en tenue qui interviennent en première ligne. « Lorsqu'ils poussent une porte, ils ignorent ce qu'ils vont trouver derrière », explique-t-il, rappelant que leur devise, « Protéger et servir », reflète l'imprévisibilité quotidienne du métier.
C'est à Paris que sa passion pour le théâtre a pris forme. En suivant des cours, il a rencontré Olivier Marchal, ancien policier devenu acteur et réalisateur. Cette rencontre a marqué le début de son immersion dans l'univers cinématographique, avec des rôles de figuration dans des séries emblématiques comme « Commissaire Moulin », « Julie Lescaut » ou « Navarro ». « Je travaillais la nuit comme policier, et le jour, je jouais le policier dans les séries », raconte-t-il, décrivant un emploi du temps chargé mais passionnant.
De la figuration à l'expertise technique
Avec le temps, Gérald Dupuy a gagné la confiance des réalisateurs, qui font désormais appel à son expertise pour garantir la crédibilité des scènes policières. Il souligne les écarts entre fiction et réalité : « Par exemple, Julie Lescaut frappe chez un suspect et montre un mandat de perquisition. Cela n'existe pas dans le droit français, uniquement aux États-Unis ». Son rôle consiste à proposer des ajustements, comme l'utilisation d'une commission rogatoire, pour plus de réalisme.
Sa mutation à Bordeaux n'a pas freiné ses activités artistiques. Au contraire, il a travaillé sur « Meurtre en Gironde » et participe régulièrement à la série « Alexandra Ehle » avec Julie Depardieu, dont trois épisodes annuels sont tournés à Bordeaux. Il a aussi collaboré au court-métrage « Dernière danse », filmé à Prignac-et-Marcamps en novembre dernier.
Une web-série primée et des projets en cours
Surnommé « l'intermittent de la police » par ses collègues, Gérald Dupuy a réalisé une web-série intitulée « TV 642 », visible sur YouTube, qui met en lumière le travail des « bleus » de police secours. Inspirée de ses souvenirs, cette production tournée dans le Cubzaguais avec des acteurs et techniciens locaux a été récompensée en novembre 2025 dans la catégorie « S'engager et changer le regard » par la Mutuelle de la police.
Il ne s'arrête pas là : son scénario « 6 h 23 », coécrit avec Christophe Jourde, est actuellement en lecture chez des producteurs de films. À travers tous ses projets, Gérald Dupuy reste fidèle à ses valeurs, plaçant l'humain avant tout et honorant la devise « Protéger et servir » qui guide sa double carrière.



