Chaque année, dès les premiers beaux jours, les terrains municipaux du Biterrois sont envahis par des groupes de gens du voyage. Les élus locaux, souvent démunis, dénoncent des dégâts récurrents et un manque de soutien des autorités. Ces installations, parfois sauvages, suscitent des tensions croissantes entre les communautés et les municipalités.
Des installations estivales répétées
Les gens du voyage descendent traditionnellement dans le sud de la France durant la période estivale. Ils se rassemblent en nombre, occupent des terrains privés ou publics, montent des chapiteaux et pratiquent leur culte. Dans le Biterrois, des convois se sont récemment installés à Tourbes et Montady. Un membre de la communauté installée à Tourbes explique : "Nous descendons tous les ans dans le sud de la France, comme tous les Français, pour profiter du soleil ou voir la famille. Qu'y a-t-il de choquant à cela ?"
Des aires d'accueil jugées inadaptées
Interrogé sur le choix des stades municipaux plutôt que des aires de grand passage prévues par la loi, ce même voyageur répond : "Les aires d'accueil sont bien, mais nous n'avons pas été consultés. Le goudron renvoie une chaleur insupportable. De la terre ou de la pelouse seraient préférables. Il n'y a pas d'ombre. On a conçu ces aires comme des parkings, il fallait les penser comme des campings." Il omet toutefois de mentionner les branchements sauvages, les dégradations et les problèmes sanitaires. "Pour les toilettes, nous allons dans la nature car on ne nous installe pas de sanitaires", ajoute-t-il.
Réactions des maires et sentiment d'abandon
Philippe Vidal, maire de Cazouls-les-Béziers, attend depuis deux ans des aides pour les dégâts causés par un passage de gens du voyage. "Le procureur a transmis le dossier à la police de Marseille, mais rien ne bouge. Nous avons dû assumer la réparation du stade, de la pelouse et des installations. Pendant la canicule, ils remplissaient des piscines tandis que nous ne pouvions pas toucher à l'eau." Il a tenté la négociation, mais a reçu des menaces de mort, ce qui lui a valu une proposition de protection policière. "Je veux que les Cazoulins soient indemnisés, pas que le ministère me protège. C'est ridicule."
À Tourbes, le maire Lionel Puche décrit une "psychose" parmi les habitants : "Dès qu'une voiture tourne, on pense aux gens du voyage. Le soir, ils se rassemblent sous le chapiteau pour prier, les riverains n'en peuvent plus du bruit. Les viticulteurs sont dégoûtés, leurs vignes servent de toilettes."
Un dialogue difficile
Les gens du voyage, de leur côté, se disent victimes de préjugés. "Dès que nous arrivons, on parle de nous comme des voleurs, des profiteurs. Pourtant, nous faisons marcher le commerce local. Personne ne le souligne."
Malgré la mise aux normes des aires d'accueil par les agglomérations, les situations restent inextricables. Les élus appellent à une meilleure coordination et à des solutions durables pour apaiser les tensions récurrentes.



