Les refus d'obtempérer connaissent une forte hausse dans le Gard. En 2025, 219 cas ont été recensés en zone police, soit une progression de 38 % par rapport à 2024 (159 cas). En zone gendarmerie, 210 refus ont été comptabilisés en 2025, contre 216 en 2024. Jean-Philippe Nahon, directeur interdépartemental de la police nationale du Gard, confirme cette tendance.
Un phénomène national amplifié dans le Gard
Au niveau national, 28 200 refus d'obtempérer ont été enregistrés en 2025, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2024. « Le Gard s'inscrit malheureusement dans cette tendance nationale, avec une hausse de 38 % en zone police, supérieure à la moyenne », explique Jean-Philippe Nahon. Il précise que 2025 n'est pas l'année la plus élevée : en 2021, le département avait compté 279 refus.
Définition et sanctions pénales
Un refus d'obtempérer consiste à ne pas s'arrêter lors d'un contrôle de police ou de gendarmerie. « C'est une infraction pénale punie de deux ans d'emprisonnement, de 15 000 euros d'amende, avec des peines complémentaires comme la confiscation du véhicule », rappelle Jean-Philippe Nahon.
Disparités territoriales dans le Gard
En zone police, les villes de Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze présentent des évolutions contrastées. À Bagnols-sur-Cèze, le nombre de refus a triplé, passant de 13 en 2024 à 33 en 2025. À Nîmes, l'augmentation est de 43 %. Alès, en revanche, affiche une stabilité. « On passe de 13 à 33 refus à Bagnols, c'est une hausse significative », souligne le directeur.
Des motifs souvent futiles
Selon Jean-Philippe Nahon, les refus d'obtempérer sont de plus en plus motivés par des infractions mineures : « Aujourd'hui, on a des défauts d'assurance, des défauts de permis de conduire. Rien ne justifie de ne pas obtempérer. » Il ajoute que des infractions plus graves comme l'alcoolémie ou les stupéfiants existent, mais que les motifs futiles prédominent.
Un risque pour tous
Prendre la fuite met en danger les forces de l'ordre, les conducteurs et les autres usagers. « Outre le fait qu'il s'agit d'une infraction pénale, il y a une mise en danger des autres usagers de la route », insiste Jean-Philippe Nahon. Il appelle les automobilistes à s'arrêter systématiquement lors d'un contrôle.
Chiffres en gendarmerie
La gendarmerie du Gard a recensé 216 refus en 2024 et 210 en 2025. Entre le 1er janvier et le 30 mai 2026, 129 refus ont déjà été dénombrés, soit 61,4 % du total de l'année précédente en seulement cinq mois, selon les données de la gendarmerie.



