Le gang des BMW : la fin d'un règne de terreur dans le Sud-Ouest en 1984
Gang des BMW : fin d'un règne de terreur en 1984

Le gang des BMW : une vague de crimes dans le Sud-Ouest

Le 14 mars 1984, les gendarmes mettent fin aux activités des chefs du « gang des BMW », également surnommé le « gang des Bordelais ». Cette arrestation marque la fin d'un règne de terreur qui a sévi dans la région, bien que certaines de leurs actions criminelles se poursuivent par la suite.

Des jeunes armés et organisés

Ces criminels, jeunes et lourdement armés, circulaient à bord de voitures BMW volées principalement à Bordeaux. Depuis mai 1983, ils écumaient la région, ciblant les départements de la Dordogne, du Lot, de la Gironde, de la Charente-Maritime et des Pyrénées-Atlantiques. Aucune zone n'échappait à leurs méfaits.

Le gang multipliait les effractions ou tentatives d'effractions, forçait les braquages et n'hésitait pas à tirer sur la police. Après chaque sortie, ils retournaient à Bordeaux où ils abandonnaient leur véhicule volé.

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Des casses audacieux

Le 7 juin 1983, la bijouterie Caquineau, située à Marans en Charente-Maritime, est dévalisée par cinq hommes à bord d'une BMW volée. Le butin s'élève à près de 300 000 francs de bijoux.

Le jeudi 16 février 1984, vers 4 heures du matin, quatre membres du gang opèrent à Nontron en Dordogne. En quelques minutes, ils subtilisent la caisse d'une station-service et dérobent 80 000 francs de bijoux dans une boutique du centre-ville.

« Ils n'ont pas froid aux yeux, sont organisés et très rapides », résumait le journal Sud Ouest à propos de ces criminels. Marc Laloi, le bijoutier de Nontron, réveillé par le bruit des vitrines brisées, a assisté impuissant au départ des malfaiteurs dans une autre BMW immatriculée en Gironde.

Un rodéo mortel à Bordeaux

Le 5 mars 1984, un drame survient à Bordeaux. À 4 heures du matin, quatre jeunes gens cisaillent le rideau métallique du magasin Shop Photo, près de la place Gambetta. Ils fracturent la porte et embarquent du matériel électronique dans leur véhicule, une voiture préfectorale volée la veille.

Le braquage tourne mal : une course-poursuite s'engage avec la police. La voiture des cambrioleurs percute de plein fouet une autre véhicule rue Ravez, tuant trois personnes et en blessant d'autres. Les quatre malfaiteurs, indemnes, sont arrêtés cours Alsace-Lorraine. La police confirme qu'ils font partie du fameux « gang des BMW ».

Le démantèlement du gang

« Le gang des BMW sur la voie de garage », titre Sud Ouest à la une le 15 mars 1984. On estime alors à deux milliards de centimes le montant des vols commis par le gang.

Au terme d'une enquête minutieuse menée par plusieurs sections de recherches de la gendarmerie, ce commando structuré est enfin démantelé. Ahmed Keita, 21 ans, considéré comme le « cerveau » du gang, est arrêté le 13 mars avec son principal lieutenant Jacques Oularé, 23 ans. Un receleur local, Roger Suarez, 29 ans, est également interpellé.

Leur habitude de se réunir tous les soirs à 17 heures à la brasserie des Aubiers a conduit à leur perte. Les gendarmes y organisent une rafle qui aboutit à l'arrestation de douze autres personnes. Le gang comptait environ trente membres permanents et soixante-dix occasionnels, âgés de 17 à 23 ans, habitant principalement l'agglomération bordelaise.

Une enquête qui se poursuit

Présenté au parquet de Bordeaux, Roger Suarez est inculpé pour divers délits et incarcéré à la prison de Gradignan. Keita et Oularé sont transférés à La Rochelle pour être entendus par un juge d'instruction.

Bien que le gang des BMW soit démantelé, l'enquête reste ouverte. Les gendarmes cherchent à retrouver les sept milliards d'or dérobé, n'ayant pour l'instant récupéré que quelques bijoux et des armes. Ils soupçonnent que le gang n'était que le bras séculier d'une organisation plus importante, qui empocherait l'essentiel des bénéfices.

Le 23 août 1984, Keita et Oularé sont jugés à La Rochelle. Keita est condamné à quatre ans de prison, tandis que le receleur est relaxé. Cependant, cette année-là, le gang commet encore d'autres méfaits, notamment à Auxerre et à Oloron-Sainte-Marie, prouvant que leur influence criminelle perdure malgré les arrestations.

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