La free party qui a débuté le 1er mai 2026 à Bourges, dans le Cher, touche à sa fin ce dimanche. Les participants plient bagage dans le calme, loin des accusations de nuisances, mais ne comptent pas en rester là. D'autres rassemblements sont déjà prévus pour dénoncer le projet de loi Ripost.
Un événement sous haute surveillance
Après deux jours de polémique, la free party organisée à Bourges touche à sa fin. Aucun incident majeur n'a été déclaré, mais le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a souligné les "nuisances" provoquées par ces "rassemblements musicaux illégaux" qu'il veut "mieux réprimer". La préfecture du Cher avait alerté dès le début sur le danger lié aux munitions non explosées sur cet ancien champ de tir de la DGA. Samedi soir, des démineurs sont intervenus après la découverte d'un obus en bordure du site. Un second obus est en cours de traitement.
Des participants conscients des risques
Sur les réseaux sociaux, les organisateurs avaient appelé à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d'objets. "Je ne savais pas que le terrain était miné, a confié Juliette, professeure de 36 ans venue de Bretagne. Forcément, ça enlève un peu de tranquillité mais on fait attention."
La fête se termine, la contestation continue
Dimanche, de nombreuses scènes étaient vides et les festivaliers repartaient sous un ciel menaçant. Beaucoup voulaient protester contre la proposition de loi 1133, qui renforce la pénalisation des rave-parties non déclarées. Des rassemblements sont prévus les 30 mai, 6 et 13 juin à Paris et dans d'autres villes. Le ministre Nuñez a rétorqué que cette revendication ne ferait que renforcer la détermination du gouvernement à réprimer ces événements.
Le projet de loi Ripost en ligne de mire
Présenté fin mars en conseil des ministres, le projet de loi Ripost prévoit de faire de l'organisation d'une rave party non déclarée un délit puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende, et de créer un délit de participation. Les participants dénoncent cette législation qu'ils jugent liberticide.
Un départ propre et organisé
Le maire d'Avord redoutait les déchets, mais une benne à ordures a été mise en place. "Le site est super propre, a assuré un ingénieur participant. Il y a même le tri des déchets", a ajouté Nono, 28 ans, saluant une organisation "vraiment top".
Le ministre Nuñez a insisté sur la nécessité de durcir les sanctions, annonçant 600 verbalisations et des contrôles renforcés. Il a également évoqué cinq blessés en urgence absolue liés à la consommation de stupéfiants, et sept interpellations. Selon lui, 337 rassemblements musicaux illégaux ont été recensés en 2025, dont seulement 4% ont dépassé le millier de participants.



