Environ 20 000 fêtards se sont rassemblés vendredi sur un terrain militaire près de Bourges pour une free party, et 30 000 sont attendues ce week-end, malgré les mises en garde des autorités. Ce rassemblement techno illégal se déroule sur le Polygone, un champ de tir de la Délégation générale à l'armement, présenté comme « très dangereux » en raison des munitions non explosées qu'il pourrait contenir.
Un événement contestataire
Franck, membre du collectif Tekno Anti Rep, a affirmé que ce rassemblement est « un moyen de démontrer que les participants sont mobilisés et continueront à venir, quoi qu'il arrive, continueront de contester ces lois ». Les organisateurs protestent contre la proposition de loi 1133, qui vise à renforcer la pénalisation des rave parties non déclarées. Ce texte prévoit six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour les organisateurs.
Dispositif de sécurité renforcé
La préfecture du Cher a dénombré plus de 2 000 véhicules sur le site, toutes voies d'accès saturées. Le dispositif de sécurité a été augmenté de 350 à 600 gendarmes, répartis sur 14 points de contrôle. Quarante-cinq pompiers et 30 secouristes de la protection civile restent postés à proximité. Le préfet Philippe Le Moing Surzur a insisté sur les risques liés aux munitions anciennes : « C'est un site utilisé depuis 150 ans, et les démineurs de la DGA en découvrent très régulièrement. »
Réactions des participants
Johade, venu d'Avignon, estime que « même si c'est fait illégalement, c'est quand même bien fait ». Sara, venue d'Espagne, s'indigne : « Je trouve cela honteux : c'est criminaliser une culture et quelque chose qui ne fait de mal à personne, comme si on tuait des gens. » Les organisateurs appellent à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d'objets dans les zones boisées.



