Le match de Coupe du monde entre la France et l'Irak (3-0) lundi à Philadelphie a été marqué par une interruption de deux heures due à un violent orage. Alors qu'un déluge s'abattait sur le Lincoln Financial Field peu avant la mi-temps, une annonce sur les écrans géants a sommé les spectateurs de quitter leur siège pour se mettre à l'abri, le stade ne disposant que d'un minuscule toit couvrant à peine 2 % des tribunes.
Une interruption forcée par la législation américaine
Les officiels de la Fifa ont d'abord estimé que le match reprendrait quinze minutes après la fin de la mi-temps, mais il a fallu 105 minutes supplémentaires. La législation américaine prévoit que toute manifestation en extérieur peut être interrompue ou retardée si des éclairs sont détectés dans un rayon de 13 km.
« C'est une question de sécurité, je n'en veux à personne, a sobrement commenté Didier Deschamps. A partir du moment où il y a un risque, on s'adapte aux lois locales. » Le sélectionneur a vu plusieurs fois l'horaire de reprise être décalée de trente minutes en raison de petits éclairs dans le périmètre. « On attendait, parce qu'on avait des créneaux et ils étaient sans arrêt repoussés », soupire-t-il.
L'attente interminable dans les vestiaires
Menant 1-0 à la mi-temps grâce à un but de Kylian Mbappé, les joueurs français ont occupé ces deux longues heures de différentes manières. « On a joué aux cartes, a plaisanté le sélectionneur. Non, on attendait, on était tranquilles, je plaisantais avec les joueurs. » Manu Koné, qui fêtait sa première titularisation en Coupe du monde, a confié : « C'était interminable à l'intérieur, mais nous sommes restés professionnels. Nous nous sommes dit qu'il fallait rester concentrés, intenses. On a fait de la mobilité, le coach nous parlait. C'était long, j'avoue. »
Jules Koundé a ajouté sur M6 : « Au départ comme on ne savait pas trop, on restait un peu actifs, on faisait un peu de vélo. Après quand on a vu qu'on n'avait pas d'heure (de reprise) on discutait, on rigolait. » Maghnes Akliouche a précisé : « Chacun s'activait comme il pouvait, il y en a qui jouaient un peu au ballon, d'autres s'hydrataient et mangeaient. Il fallait surtout être prêt pour le moment où les arbitres allaient dire qu'il fallait aller s'échauffer. »
Un défi mental et émotionnel
Le plus dur a été de ne pas lâcher mentalement, selon Akliouche. Kylian Mbappé a souligné : « C'était une soirée très longue, on a passé beaucoup de temps dans le vestiaire. Nerveusement et émotionnellement, c'était très difficile parce qu'on devait rester concentrés et concernés. Rester deux heures dans le vestiaire et rester très concentrés, c'est très difficile. Le staff et les joueurs ont fait un grand effort pour essayer de laisser concerner tous les joueurs. »
À 19h30 (2h30 en France), les joueurs sont revenus sur la pelouse pour un échauffement, « le plus important, pour ne pas prendre de risques », selon Deschamps. Les spectateurs, trempés, ont enfin regagné leur siège tandis que la sono diffusait La Macarena et Hey Baby de DJ Ötzi pour réchauffer l'ambiance.
Des zones de terrain inondées
Pendant la pause, la pluie a continué à tomber, gorgeant d'eau certaines zones du terrain. À l'échauffement, Kylian Mbappé et plusieurs membres du staff ont gesticulé pour signaler les flaques. « Ce n'était pas de l'agacement, a répondu Mbappé. La partie où on attaquait était gorgée d'eau, ils ont passé vingt minutes à nettoyer la partie où on défend, et pas la partie où on attaque. Je voulais qu'ils passent le même temps sur les deux parties, quitte à choisir nettoyer celle où on attaque. Mais ils n'y étaient pour rien, eux. Sur le moment, le fait d'attendre deux heures et quand tu arrives, tu vois qu'on n'a pas protégé la pelouse, c'était un petit énervement. »
Cet énervement n'a pas empêché les Bleus de marquer un deuxième but seulement neuf minutes après le retour, par Kylian Mbappé. La France s'est finalement imposée 3-0.



