« On doit des corps à ces familles ». Le mot est de Pierre Monnoir, président de l'Association de défense des handicapées de l'Yonne (ADHY). Cinquante ans après les crimes du tueur en série Émile Louis, de nouvelles fouilles ont démarré ce lundi 18 mai 2026 à Rouvray (Yonne), dans le secteur de champs et de sous-bois que les enquêteurs surnomment son « cimetière ».
Cinq corps toujours introuvables
Le meurtrier, mort en prison en 2013 à 79 ans, avait avoué avoir enterré sept jeunes handicapées mentales sur ce terrain situé à 17 km d'Auxerre, traversé par la rivière le Serein, où il avait l'habitude de pêcher. En 2000, il avait pointé sept sites sur un périmètre d'environ 1 500 mètres sur 500. Mais lors des premières recherches, seuls deux squelettes avaient été retrouvés. Les cinq autres victimes, âgées de 15 à 25 ans - presque toutes usagères du bus scolaire qu'il conduisait -, restent sans sépulture. Émile Louis avait été condamné à la perpétuité pour leurs assassinats en 2006.
Une huitième victime potentielle
Ces nouvelles fouilles visent également à retrouver les restes de Marie-Jeanne Ambroisine Coussin, enfant de l'assistance publique née en 1935 et disparue en 1975, dont le crâne avait été découvert sur le même site en décembre 2018. « C'est très certainement une huitième victime. Et des victimes, il y en a peut-être encore d'autres », estime Me Didier Seban, avocat de la famille Coussin et de l'ADHY.
Deux précédentes fouilles peu concluantes
Ce sont les troisièmes fouilles en moins de deux ans, après des recherches à l'automne 2024 puis en mai 2025 - ces dernières ayant été suspendues par le décès accidentel d'un gendarme sur les lieux. Les deux premières opérations n'avaient permis de retrouver que des vêtements et un vélo, sans lien établi avec les victimes. Me Seban reconnaît que « la rivière le Serein est capricieuse et les corps ont pu être emportés avec les eaux », mais reste optimiste. Ces nouvelles fouilles sont prévues pour « une période estimée à 15 jours », selon la procureure d'Auxerre Marie-Denise Pichonnier.



