Un drame familial sous les yeux des enfants
Le 8 mai 2022 à 18h30, dans la paisible commune de Grézieu-la-Varenne, en périphérie lyonnaise, un drame effroyable s'est déroulé sous les yeux de trois jeunes sœurs. Nathalie Ducrot, leur mère, a été sauvagement assassinée par son propre mari, Mourad Boudjenane, alors qu'elle était simplement descendue de la voiture pour récupérer un cartable oublié.
Des témoignages d'enfants qui glacent le sang
Lors de leurs auditions par les gendarmes, les trois filles, dont les prénoms ont été modifiés pour préserver leur anonymat, ont livré des récits d'une précision glaçante. Jeanne, la cadette âgée de seulement 4 ans à l'époque, déclare avec une simplicité déchirante : « Mon père avait un marteau dans sa main et un couteau pointu, il a tué ma mère. »
Sa sœur Myriam, 6 ans, raconte avoir tenté d'intervenir : « Moi j'ai dit “arrête” en même temps de pleurer. Et papa il n'arrêtait pas. Il ne m'a pas entendue. Et maman elle a crié le plus fort possible. » La petite fille se souvient avec une terrible acuité des détails de l'agression, évoquant au moins dix coups de marteau et du sang partout.
L'aînée face à l'horreur absolue
Lisa, l'aînée de 10 ans, témoigne de la scène avec une maturité qui fait froid dans le dos : « J'étais devant la scène et je voyais le sang et tout ça, donc je n'étais vraiment pas bien. Mon cœur, on dirait qu'il s'est arrêté d'un coup. Je me suis dit qu'il allait nous arriver la même chose. » C'est elle qui, dans un réflexe de protection, verrouillera les portières de la voiture pour mettre ses sœurs et leur amie à l'abri.
Une intervention d'urgence trop tardive
Alertée par les hurlements des enfants, une voisine contacte immédiatement les secours. « C'est une extrême urgence, une femme a été battue à mort », alerte-t-elle au téléphone. Les gendarmes, déjà intervenus à de nombreuses reprises au domicile familial, se précipitent dans ce lotissement aux murs ocre et aux portes bleues.
Ils découvrent le corps de Nathalie Ducrot recouvert de sang et de plaies. L'autopsie révélera l'ampleur de la violence : 54 blessures au total, dont deux profondes au cou et au nombril, avec de nombreuses traces de défense. Le médecin légiste estimera qu'elle a finalement été égorgée.
Ce féminicide, survenu en plein jour devant les enfants, illustre avec une cruelle acuité l'extrême dangerosité des situations de violence conjugale. Les témoignages des trois sœurs, malgré leur jeune âge, constituent des éléments cruciaux pour la compréhension de cette tragédie et rappellent l'importance de la protection des victimes et de leurs enfants.



