Fin du masque obligatoire dans l'Hérault : soulagement à l'école, flou dans les lieux publics
Fin du masque obligatoire dans l'Hérault : école vs lieux publics

La fin du masque obligatoire à l'école soulève des questions sur les autres lieux publics

Ce lundi 18 octobre 2021 marque un tournant dans la gestion sanitaire du département de l'Hérault. Après exactement un an d'obligation depuis l'annonce de Jean Castex à l'Assemblée nationale le 29 octobre 2020, les écoliers peuvent enfin retirer leur masque en classe. Une décision qui provoque un soulagement palpable chez les enfants, mais qui s'accompagne d'une grande confusion dans les autres espaces publics de la région.

À l'école : un soulagement général mais des résistances

"Je suis très très content ! Avec le masque, quand on éternue, ça mouille un peu. Et ce n'était pas facile de respirer !" s'exclame Marco, élève en classe double niveau CP-CE1 à l'école Blaise-Pascal du quartier du Millénaire à Montpellier. Son enthousiasme est partagé par la majorité des enfants qui, ce lundi matin, ont pu laisser leur masque à la porte des établissements scolaires.

Un père de famille témoigne : "Quand on est arrivé à l'école ce matin et que la maîtresse a dit : 'aujourd'hui, ce n'est plus la peine de le porter', mon fils me l'a laissé et il est parti content. Oui, c'est une bonne nouvelle." Pour ce parent, comme pour beaucoup d'autres, revoir les sourires des enfants représente un véritable soulagement après douze mois de visages masqués.

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Une institutrice d'une école voisine confirme l'amélioration des conditions d'apprentissage : "Nous les entendons mieux et ils nous comprennent mieux. Les timides surtout, on ne les entendait pas. Cela rendait difficile l'apprentissage de la lecture." Sur ses 24 élèves, seuls trois ont conservé leur masque ce lundi, dont une enfant parce qu'elle était malade.

Pourtant, certains parents restent méfiants. Un adulte présent sur le parvis de l'école évoque même un "coup d'esbroufe" : "Les parents devraient dire aux enfants : non, ne l'enlevez pas. Quoi de mieux pour faire repartir l'épidémie et obliger ensuite les enfants à se faire vacciner ?" Cette divergence d'opinion illustre les tensions persistantes autour des mesures sanitaires.

Dans les lieux publics : un patchwork de réglementations

Si la situation semble claire dans les écoles, il n'en va pas de même pour les autres espaces publics de l'Hérault. Les établissements culturels, de restauration et de loisirs appliquent des règles disparates, créant une véritable confusion pour les usagers.

Cinémas : chaque salle fait sa propre politique

Les salles obscures de la Métropole montpelliéraine présentent des approches radicalement différentes. Alors que les cinémas Gaumont Comédie et Multiplexe maintiennent l'obligation du port du masque malgré le pass sanitaire, suivant les directives nationales de Pathé-Gaumont, le cinéma Le Diagonal a quant à lui levé cette contrainte.

"Ça fait du bien d'aller voir un film sans devoir porter le masque", se réjouissent Claudine et son ami à la sortie d'une séance. Au CGR de Lattes, la position est intermédiaire : "Nous conseillons fortement aux personnes de le garder. La pandémie est toujours là", explique Julien Maugard, directeur de l'établissement.

Bars et restaurants : entre obligation et laisser-faire

Sur la place Jean-Jaurès, les établissements de restauration naviguent à vue. "Comme on ne sait plus quelle est la bonne consigne, on demande aux clients de porter un masque à l'intérieur", indique un gérant. Son voisin de "Ma première cantine" a adopté une approche plus souple : "Les gens sont autorisés à rentrer sans masque, et le personnel n'est plus tenu de le porter non plus."

Plus haut sur la place, un établissement affiche toujours l'obligation sur sa porte, mais la patronne avoue : "Je ne cours pas après ceux qui ne l'ont pas", ignorant visiblement que cette obligation a été levée depuis le week-end. Rue Boussairolles, une enseigne a choisi la prudence : "Dans le doute, on continue de l'exiger", explique une serveuse soucieuse d'éviter tout ennui.

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Salles de spectacle : entre soulagement et inquiétude

Au Zénith de Montpellier, la directrice des spectacles Martine Vicériat exprime son bonheur : "Revoir 2 500 personnes assister à un spectacle sans masque, quel bonheur, enfin !" L'entrée reste soumise au pass sanitaire, une mesure que l'établissement gère sans difficulté selon elle.

Mais une ombre plane sur la reprise complète des activités culturelles. Tant au Zénith qu'au Rockstore, les exploitants attendent avec impatience le retour à 100% de la jauge pour le public debout. Actuellement limitée à 75%, cette restriction empêche le Rockstore d'accueillir 200 spectateurs supplémentaires pour le concert complet des Limiñanas prévu ce jeudi.

Un cadre réglementaire complexe

La préfecture de l'Hérault a autorisé de nouveaux allègements depuis ce lundi 18 octobre. La principale mesure : le port du masque n'est plus obligatoire dans les établissements exigeant un pass sanitaire à l'entrée, incluant cinémas, musées et restaurants.

Rappelons que l'obligation du masque en extérieur avait déjà été levée le 15 septembre dernier, permettant aux Montpelliérains de se promener place de la Comédie sans couvre-visage. Des exceptions subsistent dans les zones à haute densité : abords des arrêts de tram, files d'attente et périmètres des centres commerciaux.

Cette évolution des restrictions sanitaires intervient dans un contexte épidémiologique favorable. Le taux d'incidence dans l'Hérault est passé de 343 pour 100 000 habitants au 1er septembre à 151 au 15 septembre, pour atteindre seulement 37 ce vendredi 16 octobre. Une baisse spectaculaire qui justifie les allègements, mais qui n'empêche pas une certaine prudence de la part de nombreux acteurs économiques et culturels.