Feux Hérault : Eric Florès dénonce des actes criminels et craint une pénurie d'effectifs
Feux Hérault : Florès dénonce des actes criminels

Le contrôleur général Eric Florès, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de l'Hérault, a lancé un appel pressant ce lundi 6 juillet 2026 alors que les feux se multiplient dans le département. « Ce n'est plus de l'inconscience, c'est clairement criminel », a-t-il affirmé, en référence aux neuf départs de feu survenus dans la même nuit sur les communes d'Abeilhan et d'Alignan.

Une situation tendue sur le front des incendies

Ce lundi, le feu de Calencas, non fixé, couvre 225 hectares. Près de 250 pompiers et deux Canadairs sont mobilisés pour le maîtriser avant la reprise du vent, prévue moins forte que les jours précédents. Le feu de Dio-et-Valquières est quant à lui quasiment fixé, avec une douzaine d'hectares brûlés. Mais Eric Florès s'inquiète surtout des départs nocturnes : « Cette nuit, on a eu neuf départs sur la même commune, sur Alignan et Abeilhan, ça paraît clairement criminel. Si en plus de toute l'activité qu'on a, il y en a qui s'amusent à mettre le feu, ça commence à devenir insupportable. »

Un appel aux employeurs et collectivités pour libérer les pompiers volontaires

Face à l'intensité des feux, le patron du Sdis 34 a sollicité les employeurs de pompiers volontaires et les collectivités territoriales pour qu'ils libèrent le maximum de personnel. « On a une activité l'été qui est planifiée et pour laquelle on sollicite énormément nos sapeurs pompiers par de nombreuses activités de secours hors incendie. Et quand ça brûle, à un moment on est obligés de se reposer. J'ai besoin de faire tourner plus souvent nos sapeurs-pompiers, et d'avoir encore plus de sapeurs-pompiers disponibles pour maintenir l'activité opérationnelle au même niveau », a-t-il expliqué.

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Il a souligné que les ambulances et les interventions pour malaises ne s'arrêtent pas pendant les feux de forêt. « Avec les gros feux qu'on a, pour le même nombre de véhicules d'astreinte on a besoin de plus de sapeurs pompiers. Un pompier ne peut pas tenir douze heures sur le même camion à attaquer les flammes. »

Des effectifs sous tension

Le Sdis 34 compte 900 sapeurs-pompiers professionnels et 4 500 volontaires, contre 3 200 il y a cinq ans, grâce à un effort de recrutement. Mais hier après-midi, seulement 1 000 sapeurs-pompiers étaient sur le terrain départemental, répartis entre les feux, les centres de secours et la surveillance des plages. « Le vrai sujet, maintenant c'est de durer, car on a une saison qui n'a jamais démarré aussi tôt, et si ça continue comme ça pendant 15 jours, les effectifs vont être très fatigués. Ce n'est pas un sujet de rupture capacitaire, c'est une question de rupture physique. L'engagement dans un feu de forêt, c'est très très chaud, dans tous les sens du terme », a insisté Eric Florès.

Une saison atypique et des actes criminels

Le contrôleur général a qualifié la saison d'atypique : « Les quatre ou cinq dernières journées qu'on a vécues, on ne les a jamais eues à cette période. » Il a dénoncé les départs multiples : « Au début, la population n'avait pas pris conscience du dessèchement des végétaux, mais là, en plus, ça fait quatre jours qu'on a des départs sur Sauvian, sur Bédarieux, hier on a eu neuf départs sur Abeilhan, là ce n'est plus de l'inconscience, c'est criminel. » Il a salué le travail des gendarmes qui recherchent les causes des incendies et les auteurs présumés.

Des inquiétudes pour la suite de l'été

Interrogé sur la capacité à faire face aux incendies cet été, Eric Florès a répondu : « Je n'en sais rien. Tout dépend de l'évolution et toute organisation mécaniquement à ses limites. Même si nous, on n'a pas été limités avec le budget, on a nos avions, nos sapeurs pompiers mais notre organisation a été dimensionnée pour faire face à un niveau habituel et si ça continue comme ça… Le vrai sujet qu'on aura est que si ça commence à brûler sur le reste de la France, à un moment les renforts ne pourront plus continuer à venir. »

Il a également fait part de la fatigue de ses hommes : « On commence déjà à avoir un état de fatigue mais globalement même si les feux ont fait quelques surfaces, on arrive à les tenir. »

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Appel à la vigilance et remerciements

En conclusion, Eric Florès a lancé trois messages : un appel à la vigilance pour les personnes travaillant en extérieur ou se rendant en forêt, un appel aux collectivités et employeurs pour libérer les pompiers volontaires, et des remerciements aux élus, gendarmes et sapeurs-pompiers pour leur engagement. Il a rappelé que le niveau de dessèchement des végétaux atteint 11 à 12 %, ce qui les rend extrêmement inflammables : « Là, c'est clairement des allumettes, il y a tout qui brûle. »