Arnaque au faux conseiller Fortuneo : un couple du Tignet témoigne
Faux conseiller Fortuneo : un couple victime témoigne

Ils pensaient parler à une banque. Ils étaient en réalité en ligne avec un escroc. C’est en voulant racheter les murs de leur local professionnel à Peymeinade que Séverine et Thierry Ledanois, habitants du Tignet et gérants d’un pressing, ont été victimes d’une arnaque sophistiquée menée par un homme se présentant comme conseiller Fortuneo.

Un appel qui semblait crédible

Tout commence par un appel. Au bout du fil, un homme se présente sous le nom de Benjamin Leite, supposé conseiller de la banque en ligne Fortuneo. Il répond à la simulation de prêt rédigée la veille par le couple. « Nous sommes les gérants d’un pressing de Peymeinade depuis 17 ans. Au décès de notre propriétaire, nous nous sommes dit que nous pourrions racheter les murs. Notre activité fonctionne bien et notre clientèle est fidèle. Voilà pourquoi nous avons rédigé cette simulation pour un prêt de 150 000 euros sur Internet », explique Séverine.

Ton calme, vocabulaire professionnel, dossier client évoqué avec précision : pour le couple, rien ne paraît anormal. Le nom sonne crédible, le numéro semble français, l’interlocuteur maîtrise parfaitement les codes bancaires. « Il a même appelé notre agent immobilier pour lui dire que le prêt était accepté ! raconte Séverine. Sa seule demande était de lui virer 15 000 euros. Il nous a expliqué que la politique de la banque Fortuneo était de se charger de régler les frais de notaire. »

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Des virements effectués, puis une demande supplémentaire

La démarche interpelle un peu le couple qui fait ses recherches : « Le profil du conseiller apparaît sur Internet comme conseiller financier depuis juin 2025 en CDD. Donc nous avons pris confiance et avons effectué trois virements de 5 000 euros… Puis le conseiller nous a demandé 17 000 euros comme frais de garantie de notre financement. Une somme que nous ne pouvions pas payer. Nous avons rebroussé chemin en demandant à être remboursés. » Résultat : plus de nouvelles depuis un mois et demi. « Le numéro de téléphone du conseiller ne répond plus. »

La banque impuissante

« À la maison Fortuneo, on nous a expliqué que nous avons été victimes de fraude et que tous les jours ils reçoivent cinq ou six appels de clients comme nous depuis 3 ans et qu’ils ne peuvent rien faire. » Séverine et Thierry Ledanois ont donc déposé plainte et mis la banque en demeure de les rembourser. En cas de réponse négative, ils feront appel à un conciliateur de justice. Contactée par nos soins, la banque Fortuneo botte en touche : « Compte tenu du secret professionnel auquel nous sommes légalement tenus, elle ne peut communiquer d’élément en réponse au cas de fraude évoqué. » Ses services ont également précisé qu’ils « sensibilisent très régulièrement leurs clients aux bonnes pratiques en matière de sécurité » en joignant un lien vers des conseils.

Un signal d’alerte : l’adresse e-mail

À y regarder de plus près, peut-être ce mail employé au cours des échanges : benjamin.leite@expertpretimmo.fr. Un détail qui aurait pu interroger immédiatement. Car un véritable conseiller Fortuneo communique normalement via les domaines officiels de la banque ou de son groupe. Ici, le domaine utilisé renvoie à l’univers du prêt immobilier, sans lien public évident avec la banque. Pour les spécialistes de la fraude, c’est un signal d’alerte majeur : l’apparence professionnelle sert à masquer l’usurpation.

Des arnaques de plus en plus sophistiquées

Ce dossier illustre une évolution nette des arnaques bancaires. Hier, les fraudeurs envoyaient des SMS truffés de fautes. Aujourd’hui, ils utilisent des noms crédibles, appellent depuis des numéros français, maîtrisent le vocabulaire bancaire, emploient des adresses e-mail professionnelles, reproduisent les scénarios internes des banques. Autrement dit : ils ressemblent à de vrais conseillers. Une raison de plus pour que les époux Ledanois alertent et espèrent ainsi éviter à d’autres de « tomber dans ce cercle d’escroc ».

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En attendant, les Ledanois sont anéantis. « Nous sommes très attachés à ce local et à notre clientèle. Nous ne savons pas ce qui peut arriver si nous ne l’achetons pas. » « Qu’est-ce qui aurait pu nous mettre sur la voie de l’arnaque ? », s’interrogent-ils encore, abasourdis par ce qui leur arrive.